Hier soir, j’ai découvert sur grand écran la dernière comédie de Franck Dubosc : Tout le monde debout. Non pas que je sois un aficionado des comédies de Dubosc, je me suis laissé tenter par celle-ci, sous l’impulsion de ma moitié, tout en étant intrigué par les retours dythirambiques que le film avait reçus, que ce soit dans la presse, les réseaux sociaux, mais aussi au festival de l’Alpe-d’Huez. Verdict à la fin de cet article !

Tout le monde debout : une intrigue convenue, un twist génial !

Tout le monde debout raconte l’histoire de Jocelyn, directeur général  d’une grande marque de chaussure, et dont la principale particularité est d’être un immense mythomane, doublé d’un sacré Don Juan. Plus que l’amour, ce que recherche Jocelyn, ce sont les coups d’un soir, les histoires sans lendemain, saupoudrées de mensonges, car comme il le dit si bien, il aime jouer des personnages. Seulement, à la suite d’un immense quiproquo, où Jocelyn se fait passer pour paraplégique, il croise la route de Florence (interprétée par Alexandra Lamy) une véritable paraplégique dont il tombe amoureux. Comment avouer à la femme qu’il aime qu’il n’est pas handicapé, mais un menteur éhonté ? C’est la question à laquelle doit répondre le personnage de Franck Dubosc !

Vous l’aurez compris, au vu de ce pitch, le film semble être plus taillé pour un téléfilm TF1 que pour le grand écran, cependant là où le film surprend, et dans le bon sens du terme, c’est lorsque le rapport de force entre les personnages s’inverse. En effet, pendant tout le film, nous suivons les tribulations de Franck Dubosc, aux prises avec son mensonge et qui cherche par tous les moyens de s’en dépêtrer sans blesser le personnage d’Alexandra Lamy. Ses amis, interprétés par les excellents Gérard Darmon et Elsa Zylberstein, ne cessent de lui répéter « Ce n’est pas bien ce que tu fais ! », donnant ainsi l’impression que Jocelyn à l’ascendant sur Florence.

Or, au 2/3 du film, ce rapport de force se retourne lors d’un twist scénaristique : Florence sait depuis le début que Jocelyn n’est pas paraplégique. Elle ne reste avec lui que par intérêt car, comme elle le dit si bien : « il la regarde comme une femme, pas comme une handicapée ». On se retrouve alors dans une situation de l’arroseur-arrosé, très formelle scénaristiquement parlant, mais qui fait énormément de bien à un film traitant d’une problématique sociale : le handicap.

Tout le Monde Debout de Franck Dubosc

Le spectateur pris à son propre jeu !

Si ce twist, en apparence convenu, fonctionne aussi bien, c’est aussi en grande partie grâce au rapport de force que le film entretient avec ses spectateurs. En effet, Franck Dubosc réalise ici un film méta, où il joue avec les codes propres à ses personnages et aux restes de sa filmographie.

De fait, lors du visionnage de Tout le monde debout, le spectateur s’attend à voir un film centré sur le personnage typique de Franck Dubosc : le séducteur-looser. Le déroulé du film, le personnage de Jocelyn, quelques blagues et situations un peu lourdingues, tout est fait pour que les spectateurs se confortent dans cette impression de voir un énième « film de Dubosc ». Or, le twist du film, le jeu des acteurs d’une déconcertante sincérité, la réalisation plus qu’honnête, tout est là pour surprendre le spectateur.

Tout le Monde Debout de Franck Dubosc

Tout le monde debout : le meilleur rôle de Franck Dubosc ?

Passée la surprise de cette séance plus qu’agréable, j’en viens à me poser la question : n’a-t-on pas vu Franck Dubosc dans son meilleur rôle ? A mon avis, la réponse est oui ! Tout le monde debout est un film très personnel pour Franck Dubosc. Lui qui semblait empêtré dans un rôle de séducteur-looser, lui qui interprétait si bien s’en rôle, lui qui est aimé et soutenu par son public depuis maintenant plus de 20 ans semble enfin avoir réussi à sortir quelque chose de neuf. Un rôle qui transpire l’honnetete, un rôle plein de tendresse, mais aussi un rôle qu’il s’est lui-même écrit, pour un film qu’il a lui-même réalisé. Un geste d’artiste comme pour dire à son public et à ses pairs « Regardez ce dont je suis capable ! Je sais faire rire mais je peux aussi émouvoir. J’aime jouer la comédie, mais je veux aussi montrer d’autres choses. » Un appel touchant que l’on pourrait rapprocher de celui de Jim Carrey, qui dans le fabuleux documentaire Jim & Andy évoquait le sentiment d’etre enfermé depuis des années dans des rôles de clown à la The Mask ou Bruce Tout Puissant, quand l’acreur aspirait à des rôles plus dramatiques à la Truman Show ou Eternal Sunshine of the Spotless Mind. De là à dire que Franck Dubosc est le Jim Carrey français ? Il n’y a qu’un pas !

Critique de Tout le monde debout : une surprise nommée Dubosc !
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