Critique de Ready Player One : une synthèse du Spielberg entertainer !
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Profitant du week-end pascal, je suis allé découvrir en salle, le tout dernier film de Steven Spielberg, Ready Player One, adaptation du roman de science-fiction écrit par Ernest Cline. Un film important dans la filmographie de Steven Spielberg, tant au niveau technique que symbolique. Je vous en parle !


Ready Player One : de quoi ça parle ?

Ready Player One raconte l’histoire de Wade, un jeune homme vivant à Colombus dans l’Ohio, en l’an 2045. Dans ce futur dystopique, l’humanité est frappée par de nombreuses crises, économiques comme écologiques. Pour échapper à ce quotidien morose, les humains s’évadent dans un monde virtuel, l’OASIS, une sorte de monde parallèle où les joueurs vivent des aventures folles sous la forme d’avatars.

L’histoire commence à la mort de James Halliday, créateur légendaire de l’OASIS. Alors que le monde pleure le décès du génie prolifique, son avatar virtuel dévoile que Halliday a caché 3 clefs dans l’OASIS menant à l’Easter Egg du jeu. Un œuf de Pâques octroyant à la personne qui réussit à le trouver une fortune de 500 milliards de dollars !

Nous suivons donc les aventures de Wade, sous son avatar Parzival, et de ses compagnons joueurs, dans leur quête de l’Easter Egg ultime de l’OASIS. Ils rencontreront de nombreux obstacles lors de leur quête, et notamment la multinationale IOI et son PDG, Nolan Sorrento !

Ready Player One - Steven Spielberg

Un concept fort, taillé pour Spielberg !

Vous l’aurez compris, le pitch de Ready Player One est taillé pour le pur divertissement ! Et le divertissement, c’est justement le fer-de-lance de Steven Spielberg ! Tout au long de sa carrière, celui qu’on appelle à Hollywood le Pape de l’Entertainment, aura su conjuguer sa vision d’auteur et son amour du grand spectacle, pour nous pondre des chefs-d’œuvre tels que Rencontre du 3e type, Les Aventuriers de l’Arche perdue, Jurassic Park, La Guerre des Le Secret de la Licorne. Avec de tels films au compteur, rien d’étonnant à ce que Steven Spielberg ait pris en main l’adaptation du roman d’Ernest Cline, un récit de science-fiction blindé de références à la pop culture des années 1980/1990, et notamment aux œuvres de Spielberg et de sa société de production : Amblin Entertainment.

À l’heure où la plupart des œuvres sérielles comme cinématographiques piochent dans la pop culture des années 1980 et 1990 – créant de fait un phénomène de culture doudou – nous étions en droit de nous demander comment le fondateur des plus grands mythes de notre génération allait prendre en main ce matériel. Allait-il créer une sorte de monstre de Frankenstein ou développer une réelle vision d’auteur au milieu de ce gloubi-boulga de références pop ?

Ready Player One - Steven Spielberg

Une réussite sur tous les plans, doublée d’une véritable vision d’auteur !

Au final, Spielberg arrive à balayer toutes ces craintes en un revers de main ! Là où le roman de Cline appuyait sans cesse ses références, Spielberg fait le choix de les passer sous silence. Certes, elles font partie du background et il nous arrivera de croiser des personnages de Halo ou d’Overwatch au cours d’une ou deux séquences, cependant, Spielberg ne nous fait pas l’affront de s’attarder sur ceux-ci, préférant les laisser dans le paysage, métaphorisant de fait un paysage culturel commun. Nous avons tous ces références, pourquoi nous attarder dessus ? Alors certes, le film peut parfois prendre l’aspect d’un immense « Où est Charlie ? » où l’idée serait de trouver telle ou telle référence dans chaque plan, cependant là n’est pas le propos du film.

Spielberg arrive ici à installer sa vraie vision d’auteur dans l’adaptation d’une œuvre dont il n’est même pas le créateur. On retrouve ainsi les thématiques de l’homme se prenant pour Dieu (cf. Jurassic Park et Le Monde perdu), l’absence de figure parentale (cf. toute la filmographie de Spielberg), les instants de pure comédie (cf. Attrape-moi si tu peux ou Le Terminal), ainsi que des séquences de bravoures à la pelle. Spielberg en profite même pour rendre hommage à l’un de ses maîtres, Stanley Kubrick, dans une séquence hommage à Shining !

Au final, il ne fait aucun doute que Ready Player One fera date dans la filmographie de Steven Spielberg. À la fois aboutissement du travail technique entamé avec Le Secret de la Licorne, le film est également un tour de force narratif, faisant fi d’une histoire simpliste pour distiller un véritable message d’auteur dont seul Spielberg a le secret. Un film que j’aurais plaisir à revoir, au même titre qu’un Jurassic Park, E.T. ou Indiana Jones !