Comme beaucoup d’amateurs de cinéma et de littérature, je suis amateur d’œuvres de science-fiction. De par leur imaginaire, leur esthétique ou leur sous-texte, les films de science-fiction ne sont pas avares en interprétations. Chacun peut y trouver ce qu’il cherche, du simple divertissement à l’œuvre métaphysique, et c’est certainement ce qui explique son succès auprès du grand public. Je voulais revenir sur les films de science-fiction et dresser une petite analyse de ce qui fait l’ADN de ce genre au cinéma. Vous êtes prêts ? Je vous dis tout !

Qu’est-ce qu’un film de science-fiction ?

Pour bien cloisonner mon sujet, je me devais de revenir sur la définition même du film de science-fiction. Pour reprendre la définition délivrée par l’International Movie Database, les films de science-fiction sont des œuvres cinématographiques ayant pour objet la mise en scène de fictions se déroulant dans un futur proche ou lointain, et dans lequel la technologie ou la science ont une part prépondérante.

Si à la base, la science-fiction était un genre exclusivement littéraire porté par des auteurs tels que H.G. Wells, Jules Verne, Philip K. Dick ou Isaac Asimov, c’est bel et bien le cinéma qui a popularisé le genre auprès du grand public. Ainsi, dès 1902, les cinéphiles ont pu voir en salle Le Voyage dans la Lune, considéré comme le premier film de science-fiction de l’Histoire. Et c’est autour des années 1950 que le genre prend un tournant plus populaire avec la sortie d’œuvres majeures telles que La Guerre des Mondes ou Plan 9 from Outer Space.

Films de science-fiction

Jusque-là considéré comme un genre de cinéma bis, c’est avec 2001, l’Odyssée de l’Espace que les films de science-fiction connaissent un nouveau souffle. Stanley Kubrick réalise en 1968 une œuvre majeure et avant-gardiste qui pousse alors les studios à se réintéresser au genre et à financer des projets toujours plus fous, tels que Star Wars en 1977.

Concernant les spécialistes des films de science-fiction, beaucoup s’accordent à diviser le genre en sous-catégorie, toutes plus détaillées les unes que les autres. Nous pouvons ainsi citer les sous-genres de :

  • La Hard Science-Fiction, portée par des œuvres telles que Seul sur Mars ou Gravity ;
  • Les films de voyage dans le tempstels que l’inégalé Retour vers le Futur ;
  • Les Uchronies symbolisées par certains films tels que Watchmen ou Inglorious Basterds ;
  • Les œuvres Cyberpunk avec des chefs-d’œuvre tels que Metropolis ou Blade Runner ;
  • Les Space Operas portés par certaines sagas telles que Alien ou Star Wars pour ne citer qu’elles ;
  • Et le Post-Apocalyptique avec d’autres sagas telles que Mad Max ou Resident Evil.

Films de science-fiction - Star Wars

Les films de science-fiction : un terrain de jeu narratif !

Si les films de science-fiction fascinent et attirent autant le public en salle, c’est en grande partie dû à la nature même de la science-fiction. En effet, le genre SF est connu pour proposer un double niveau de lecture. Contrairement à d’autres genres narratifs, plus premier degré, tels que les films catastrophes que j’ai pu abordé précédemment, la science-fiction inclus quasi systématiquement une réflexion, un second palier de lecture qui permet à chaque spectateur d’y trouver son compte.

Ainsi, si l’on prend un film très populaire comme Avatar de James Cameron, on distingue d’office deux niveaux de lecture. D’un côté, le film peut être vu comme un excellent divertissement, une sorte de western spatial, une histoire d’amour entre deux peuples qui se déchirent. Mais d’un autre côté, le film peut aussi être perçu comme une allégorie sur la guerre en Irak, la guerre d’une nation contre un peuple pour une matière première qu’ils sont les seuls à posséder.

Alors certes, vous pourriez rétorquer que l’on peut voir des doubles lectures dans n’importe quelle œuvre de fiction. Mais le propre de la science-fiction est justement d’intégrer cette double lecture au cœur du processus narratif. Rares sont les œuvres de science-fiction à être totalement premier degré et la plupart d’entre elles sont narrées de sorte à faire s’interroger le spectateur.

Films de science-fiction - scénario

La science-fiction : un département recherche et développement à Hollywood !

Mais la narration ne fait pas tout, et pour mettre en scène des mondes fantasmés et des technologies futuristes, les cinéastes doivent faire preuve d’ingéniosité. Les films de science-fiction fonctionnent alors comme de véritable département de recherche et développement au sein même de l’industrie du cinéma. Les réalisateurs se donnent même à cœur joie pour développer de nouvelles technologies et mettre en scène leur vision de cinéma.

Les films de science-fiction ont ainsi longtemps usé et perfectionné l’usage de maquettes pour modéliser des environnements futuristes. Fritz Lang arrivait à ainsi réussi à créer une ville en mouvement dans son Metropolis de 1927, et Stanley Kubrick a réussi à nous faire croire à la l’apesanteur avec ses décors de vaisseaux spatiaux en mouvement dans 2001, L’Odyssée de l’Espace.

L’usage de maquettes a continué durant des années jusque dans les années 1990, à l’heure où une nouvelle technologie faisait son apparition : celle des CGI, les effets spéciaux générés par ordinateur. L’un des premiers à en avoir fait l’usage dans des films de science-fiction fut James Cameron, un très grand réalisateur, à l’origine des plus grandes avancées technologiques dans ses 20 dernières années. Si le réalisateur se fait plus rare ces dernières années, reste que ses effets numériques dans Abyss et Terminator 2 sont partis des plus marquants du cinéma de science-fiction.

Les avancées technologiques de Cameron sur ses films de science-fiction ont d’ailleurs permis de créer parmi les univers de science-fiction les plus marquants de l’Histoire du cinéma. C’est notamment le cas de Pandora, cette planète fantasmée créée entièrement en numérique en dans laquelle évoluent des créatures jusqu’alors jamais vue !

Films de science-fiction - James Cameron

Les films de science-fiction : un genre dépressif ?

Cependant, ce retour sur les films de science-fiction est l’occasion pour moi de m’interroger sur le genre en lui-même et sa tendance dépressive. Je m’explique, en tant que lecteur, j’ai pu découvrir la science-fiction autour de deux œuvres majeures : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury et Fondation d’Isaac Asimov. Ces deux romans dépeignent, dans un cas comme dans l’autre, des sociétés sur le déclin ou tout du moins des sociétés ou le sort de l’humanité semble être destiné à l’extinction.

Cette tendance aux récits dépressifs se confirme quand on se penche sur le top des meilleurs films de science-fiction selon Senscritique où l’on retrouve notamment :

  • Blade Runner, un film dystopique dépeignant un monde sur le déclin où l’humanité est déshumanisée à tel point que l’humain et la machine se confondent jusque dans leurs philosophies respectives ;
  • Alien, le huitième passager, un film de monstre et de science-fiction où le danger ne vient pas de l’Alien en lui-même, mais également des membres de l’équipage ;
  • 2001, L’Odyssée de l’Espace, où la technologie créée par l’Homme est aussi celle qui va causer sa perte ;
  • Matrix, qui dépeint une vision de notre monde comme celle d’une simulation imaginée pour asservir les humains aux machines
  • Et La Planète des Singes dans lequel des astronautes partis en mission dans l’Espace s’écrasent sur une planète gouvernée par des primates.

Films de science-fiction Blade Runner

Mon Top 5 des films de science-fiction !

Mais je ne pouvais pas conclure cette analyse des films de science-fiction dans vous donner mon Top 5 subjectif des meilleurs films de SF.

#5 : Interstellar de Christopher Nolan

Parmi les films de SF qui m’ont le plus marqué ces 5 dernières années, Interstellar de Christopher Nolan fait à coup sûr partie de mes préférés. Dans cette œuvre oscillant entre hard science et space opera, Nolan dresse surtout le portrait d’un père forcé d’abandonner ses enfants pour garantir leur survie. Nolan joue avec la narration comme il sait si bien le faire, et met en scène parmi les plus belles images spatiales jamais vues au cinéma. Je pense notamment au passage à travers le trou noir et à la planète vague.

Films de science-fiction Interstellar

#4 : Matrix de Lana et Lilly Wachowski

Autre film qui a bercé mon adolescence de jeune cinéphile, Matrix des sœurs Wachowski est certainement l’un de mes plus grands chocs de science-fiction au cinéma. Rares sont les films à m’avoir mis une telle claque, sorte de mindblow qui remet en cause toute votre perception du monde. À un âge où l’on commence à tout remettre en question, Matrix ne pouvait que me cueillir, et Dieu qu’il est réussi !

Films de science-fiction Matrix

#3 : Blade Runner de Ridley Scott

Si je l’ai découvert sur le tard et qu’il m’a fallu du temps pour l’apprécier à sa juste valeur, je concède aujourd’hui que Blade Runner fait partie des plus grands films de science-fiction jamais réalisés. S’il est à la fois merveilleux dans sa forme, c’est essentiellement par son fond que le film m’a cueilli. Cette peinture d’une déshumanisation progressive de Deckard traquant des Répliquants bien plus doués d’émotions qu’il n’y paraissent touche exactement ce que j’aime voir dans les films de SF : des personnages perdus évoluant dans des univers complexes.

Films de science-fiction Blade Runner

#2 : Alien de Ridley Scott

Encore un Ridley Scott, et encore un chef-d’œuvre du cinéma de SF, Alien est le premier essai de Ridley Scott dans la science-fiction, à une époque où Star Wars régnait en maître sur le genre. S’il a profité des avancées technologiques et des décors déjà créés pour ce qui devait être à l’origine l’adaptation de Dune par Alejandro Jodorowsky, Alien de Ridley Scott m’a surtout captivé à un très jeune âge par la tangibilité de l’univers qu’il dépeint. Ce groupe de camionneurs de l’espace confronté à un montre assoiffé de sang sert de point d’ancrage à un récit qui glisse alors dans une paranoïa dingue où le danger peut surgir de n’importe où, mais surtout là où on ne l’attend pas !

Films de science-fiction Alien

#1 : Jurassic Park de Steven Spielberg

Enfin, je ne pouvais parler des films de science-fiction sans parler de celui qui m’a fait découvrir le genre : Jurassic Park. Ce serait inutile de m’embarquer dans une analyse profonde de l’impact qu’a eu le film sur ma cinéphilie. Toujours est-il que Jurassic Park vaut le détour pour sa double allégorie. D’un côté par son discours sur les dégâts que l’Homme peut causer en jouant à Dieu. Mais aussi et surtout par son allégorie sur le processus même de création cinématographique, Hammond représentant Spielberg faisant mumuse avec les nouvelles technologies CGI, et les visiteurs représentant les spectateurs découvrant les dinosaures en salle.

Films de science-fiction Jurassic Park