Vous l’aurez remarqué si vous êtes un fidèle de Ciné Pop : il m’arrive souvent de me confier sur mes goûts cinématographiques. Et parmi les films de genre qui me plaisent le plus, je dois avouer que les films catastrophe font partie de ceux que j’affectionne le plus. La tension, les effets visuels, le message politique, l’interprétation douteuse des comédiens, tout me plaît dans les films catastrophe ! Dans le cadre de mes analyses de films de genre, je voulais donc revenir sur ce qui fait le sel des films catastrophes, un genre cinématographique unique dans la grande Histoire du cinéma, et dans les arts en général. Vous êtes prêts ? Je vous dis tout !

Qu’est-ce qu’un film catastrophe ?

Le film catastrophe est un genre cinématographique dont l’origine remonte aux années 1970. Il se caractérise par une écriture basée sur le suspens, jouant sur la mécanique de la fatalité, ainsi que sur les effets spéciaux qui ont commencé à se développer au cours des années 1970 jusqu’à aujourd’hui. Parmi les catastrophes les plus dépeintes au cinéma, nous avons les catastrophes naturelles (tornades, tremblement de terre, raz de marée, éruption volcanique), les catastrophes technologiques (crash d’avion, naufrage de paquebot, incendie), ainsi que les conséquences qui en découlent !

Les films catastrophe se jouent de codes et de constructions narratives bien définis. Parmi ceux-ci, nous pouvons notamment citer :

  • La présentation d’une situation initiale et de personnages principaux servant d’attache narrative aux spectateurs ;
  • La mise en place d’éléments annonciateurs d’une catastrophe à venir ;
  • L’arrivée de la catastrophe en elle-même qui va impacter la vie de nos personnages principaux ;
  • Et enfin, la réaction de nos personnages à ces événements, ainsi qu’aux conséquences qui en découlent.

Le film catastrophe : une catharsis pour le réalisateur et le spectateur !

Mais alors me direz-vous : pourquoi cette passion pour les films catastrophe ? Je pense, en toute subjectivité, que ce goût pour le genre catastrophe remonte à mon enfance. En effet, étant né au cœur des années 1990, j’ai forgé ma cinéphilie en visionnant de nombreux films catastrophes sortis entre les années 1970 et le milieu des années 2000.

Le cinéma s’est accaparé ce genre jusqu’alors peu traité dans l’Histoire de l’art. Si de nombreux peintres tels que Théodore Géricault avaient fait de l’illustration de catastrophes un genre artistique à part entière, avec notamment Le Radeau de La Méduse, le cinéma est le seul art à s’être approprié ce genre vecteur de fascination visuelle.

Cet essor du film catastrophe dans le paysage artistique du XXe siècle peut s’expliquer par deux aspects selon moi. D’un côté, il apparaît clair que le succès du genre tient à l’engouement des spectateurs qui vouent une fascination particulière au genre catastrophe et aux films à grand spectacle. Mais les films catastrophes sont aussi de formidables terrains de jeu pour les réalisateurs qui peuvent s’exercer à l’art délicat des effets spéciaux, une part majeure du genre catastrophe !

Les films catastrophe : vitrine technologique de l’industrie cinématographique !

Faire l’analyse du genre catastrophe, c’est aussi faire un retour sur l’arrivée des effets spéciaux dans l’industrie cinématographique.

En effet, si les effets spéciaux font partie intégrante de l’art cinématographique, et ce, depuis son commencement, l’étude des films catastrophe montre un réel perfectionnement de la technique.

Si dans les années 1970 et 1980, les films catastrophes ont mis en valeur les effets pratiques, les maquettes et les effets mécaniques au travers de films aussi divers que L’aventure du Poséidon, La Tour infernale ou Sauvez le Netpune, les années 1990 et 2000 voient l’arrivée de nouveaux effets spéciaux : les effets numériques ! Parmi les films catastrophe les plus marquants de cette ère numérique, on peut citer Apollo 13, Le Pic de Dante, Armageddon et Titanic.

Films catastrophes : plutôt premier ou second degré ?

Si on a fait la revue des films catastrophe et des mécaniques qui régissent ce genre cinématographique, il reste un point à éclaircir : faut-il les prendre au premier ou au second degré ? Cette question est pertinente au vu des directions que semble prendre ce genre ces vingt dernières années.

Dans les années 1970, les films catastrophe pouvaient être pris très au sérieux… Et pour cause : ils étaient eux-mêmes très premier degré ! La Tour Infernale questionnait avec gravité la décadence des architectes au détriment des normes, et L’Aventure du Poséidon prenait très au sérieux ses personnages tentant de survivre dans un paquebot retourné par une lame de fond.

Les années 1990 sont des années de grandeur et de décadence pour les films catastrophes. L’arrivée des effets spéciaux dans les salles de montages permet aux cinéastes d’illustrer des catastrophes toujours plus impressionnantes, et certains cinéastes en profitent pour mettre en scène la colère de Mère Nature, à la manière de Roland Emmerich dans le Jour d’Après, un film à grand spectacle aux accents militants.

Les années 2000 et 2010 signent cependant une nouvelle ère pour les films catastrophes. Nous sommes à l’ère des films méta, très conscients d’eux-mêmes et des clichés véhiculés par le genre. Roland Emmerich en vient même à s’auto-caricaturer dans 2012, et c’est la porte ouverte aux nanars tels que Sharknado ou En eaux trouble qui délaissent la tension au profit d’effets spéciaux comico-spectaculaires.

Mon Top 5 des films catastrophe !

Pour conclure cette analyse du genre des films catastrophe, je voulais vous laisser sur un Top 5 de mes films catastrophe préférés.

  • #5 : Titanic de James Cameron

Ça peut paraître désuet de citer Titanic dans un Top 5 des films catastrophe, mais nul doute que l’heure et demie qui constitue la seconde moitié du film de James Cameron recèle d’images qui ont marqué ma cinéphilie et mon amour pour le genre catastrophe.

  • #4 : Le Jour d’Après de Roland Emmerich

Assurément mon Roland Emmerich préféré, j’aime beaucoup sa façon de prendre à bras-le-corps, et de façon un peu maladroite, la problématique du réchauffement climatique. Certes, Le Jour d’Après est totalement irréaliste, mais le spectacle est au rendez-vous et les acteurs se donnent à fond, Jake Gyllenhaal et Denis Quaid en particulier !

  • #3 : La Tour infernale de John Guillermin

La Tour infernale, c’est un peu le best of du film catastrophe made in 1970s. Un casting 5 étoiles des stars de l’époque. Paul Newman, Fred Astaire, Faye Dunaway, O.J. Simpson et l’immanquable Steve McQueen dans le rôle du colonel pompier O’Hallorhan. Mais le film vaut surtout pour les effets spéciaux terrifiants de l’incendie ravageant ce gigantesque gratte-ciel. Un des films catastrophes les plus marquants de mon enfance, que j’ai visionnés pour la première fois en VHS avec mon père.

  • #2 : The Impossible de Juan Antonio Bayona

The Impossible est un chef-d’œuvre de tension et d’émotion. C’est bien simple, le film est si éprouvant pour moi que, je n’ai pas peur de le dire, je fonds en larmes à chaque fois. C’est dur, c’est violent, c’est touchant et c’est vrai. Beaucoup ont reproché au réalisateur d’appliquer un traitement mièvre de la catastrophe du tsunami de 2004, mais c’est bien un miracle que le réalisateur a souhaité narrer dans son film. Et c’est ce miracle qui me touche si profondément dans ce film.

  • #1 : Le Pic de Dante de Roger Donaldson

Aie ! Je sais que ce choix va faire grincer des dents, mais c’est un Top personnel, je suis bien désolé. Bien sûr que Le Pic de Dante est prévisible, bien sûr que hormis Pierce Brosnan et Linda Hamilton beaucoup d’acteurs sont en roue libre. Mais que voulez-vous, le film fonctionne à 200% avec moi ! Ce film a réveillé en moi la fascination pour les volcans, l’amour des films catastrophes, et l’adoration de Pierce Brosnan. C’est limite si je ne le préfère pas en vulcanologue plutôt qu’en James Bond ! Bref, je le recommande pour ses effets spéciaux et la tension qui se dégagent de ce film où tout n’est que fatalité et grand spectacle. Un film plus que représentatif du genre catastrophe !