Sans être le plus grand fan des films de Woody Allen, je dois admettre me laisser facilement emporter par ces derniers films. Qu’il s’agisse du sympathique Scoop, du cynique Match Point ou du naïf Minuit à Paris, ces derniers métrages tranchaient avec le reste de sa filmographie, prenant notamment place dans de grandes métropoles européennes. Cette parenthèse semble belle et bien fermée pour Allen qui retourne à ses premiers amours avec Café Society et Wonder Wheel, deux films prenant place à New York. C’est une nouvelle fois le cas cette année avec Une journée de pluie à New York contant les sympathiques tribulations d’un jeune couple d’étudiants dans le Manhattan bourgeois. 

Une journée de pluie à New York : de quoi ça parle ?

Une journée de pluie à New York raconte les tribulations d’un jeune couple d’étudiants en art, partis passer le week-end à Manhattan. Gatsby, dont la famille est originaire de New York, accompagne ainsi sa petite amie Ashleigh chargée d’interviewer un réalisateur de films d’auteur pour le journal de la Fac. Si le jeune couple avait prévu plusieurs activités à l’occasion de ce week-end, rien ne va se passer comme prévu.

Une journée de pluie à New-York

Une peinture acerbe de la bourgeoisie new yorkaise

Pour son grand retour à Manhattan, Woody Allen choisi de dépeindre une certaine idée de la bourgeoisie new yorkaise. Loin de nous présenter des trentenaires dépressifs comme à l’accoutumé, le réalisateur et scénariste met en scène des étudiants dans la fleur de l’âge. Si à première vue ces nouveaux personnages semblent n’être caractérisés que par leur fougue et leur naïveté, on retrouve très vite des traits typiques des personnages de l’univers Allen. Le jeune Gatsby peut ainsi être rapproché des personnages principaux de Annie Hall, Match Point et Minuit à Paris puisqu’il est clairement présenté par son statut social et sa réussite amoureuse, mais semble souffrir d’un mal-être inexplicable qu’il met volontiers sur le dos des autres. Son parcours le mène à rencontrer plusieurs personnages dans New York, tous gravitant autour de l’univers bourgeois des cinéastes, musiciens et autres financiers de Manhattan.

Une journée de pluie à New-York

Un film drôle mais pointu

Si Une journée de pluie à New York est clairement porté par son casting et la galerie de personnages qu’il présente, il peut s’avérer un peu pointu pour le commun des mortels. En effet, comme il en a l’habitude, Woody Allen n’hésite pas à parsemer son film de références pointues liées ici au cinéma d’auteur indépendant des années 1950, ou de la musique Jazz new-yorkaise. Si ces références sont consciemment utilisées afin d’illustrer le décalage des personnages par rapport à leur époque et la culture de masse, elles peuvent à juste titre effrayer bon nombre de spectateurs peu habitués à subir de plein fouet ce flot incessant de culture élitiste.

J’ai moi-même été perdu en tout début de film avant de me laisser emporter par cette histoire de jeune adulte paumé dans la jungle new-yorkaise.

En définitif, Une journée de pluie à New-York n’est pas le film le plus marquant de son réalisateur. Il pèche d’un manque d’accessibilité, mais est sauvé par la qualité de son interprétation et de son scénario alternant dialogues ciselés et situations comiques.