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Catégorie : Critiques

Le Grand Bain : comédie dépressive ou déprimante comédie ?

Jamais je n’avais visionné autant de films français qu’en 2018 et mes préjugés sur la production hexagonale se sont naturellement envolés. En effet, sur les nombreux films français que j’aurais…

Jamais je n’avais visionné autant de films français qu’en 2018 et mes préjugés sur la production hexagonale se sont naturellement envolés. En effet, sur les nombreux films français que j’aurais vus cette année, peu d’entre eux étaient des comédies populaires. J’ai ainsi pu voir un film catastrophe avec Dans la brume, un western avec Les Frères Sisters, un drame initiatique avec Première Année et même un faux documentaire avec Guy d’Alex Lutz. Décidément 2018 fut une année surprenante pour le cinéma français et le public semble enfin se désintéresser des comédies populaires à tendance graveleuse telles que Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? ou Bienvenue chez les Ch’tis. Même Dany Boon et sa Ch’tite famille ont eu du mal à convaincre en février dernier c’est dire ! Non à la place de tout cela, je voulais vous présenter ma critique du Grand Bain, le dernier film de Gilles Lellouche, une comédie dépressive à la Full Monty qui si elle convainc par son récit et ses personnages, arrive également à bousculer les codes de la comédie populaire. Je vous en parle !

Le Grand Bain, de quoi ça parle ?

Pour sa dernière réalisation, Gilles Lellouche nous a concocté une petite merveille de drôlerie et de poésie. Exit les beaufs insupportables de son dernier métrage Les Infidèles ! Le Grand Bain met en scène huit quadras quinquas dépressifs, trainant chacun le fardeau de la vie, et qui décident ensemble de plonger à corps perdu dans la natation synchronisée. Aidée par deux coachs, l’une alcoolique et l’autre paraplégique, cette équipe improbable tente de réaliser l’impossible : remporter les championnats du monde de natation synchronisée masculine qui se déroule en Norvège.

Avec un pitch pareil, Gilles Lellouche tient certainement la comédie la plus originale de ces 5 dernières années. À vrai dire, depuis Intouchables, nous n’avions vu que très peu de comédies-concepts dans ce style. Le scénario est à la fois réaliste et improbable, les personnages sont absurdes, mais criants de vérité et le déroulé de l’intrigue n’est pas sans rappeler les plus grands films sportifs tels que Rocky avec ses training montages à la pelle !

Le Grand Bain : un film porté par son casting et ses personnages !

Très vite avant la sortie du film, après en avoir lu quelques résumés, je me suis posé cette question : comment vendre un tel film au public ? Comment faire croire à ses personnages improbables et à leur décision de rejoindre une équipe de natation synchronisée masculine ? La réponse était simple : le casting.

Gilles Lellouche et sa bande, Jean Dujardin et Guillaume Canet, ont cette particularité dans le cinéma français : ils savent réunir de bons castings. C’est bien simple, dans les Infidèles, tous les acteurs en vogue à l’époque étaient présents à l’écran : Géraldine Nakache, Manu Payet, Sandrine Kiberlain et même Isabelle Nanty qui faisait son come-back avec Les Tuches !

Le Grand Bain ne déroge pas à cette règle puisque dans les rôles principaux nous retrouvons Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Virginie Efira, Leïla Bekhti et Marina Foïs. Mais également Jean-Hugues Anglade et Philippe Katerine dans deux rôles de grands enfants tous les deux très touchants. 

Chacun des membres du casting porte un rôle à la mesure de leur talent. Mathieu Amalric sert de pilier à l’intrigue puisque c’est par lui que nous, spectateurs, entrons dans cette histoire de quinquagénaire dépressifs épris de natation synchronisée. Benoit Poelvoorde nous réserve quant à lui quelques scènes typiques du cinéma de De Funès : irrésistibles de drôlerie, de mauvaise foi et de poésie. Côté féminin, Virginie Efira est très touchante en coach abimée par la vie et Leila Bekhti hilarante en tortionnaire injurieuse. Mais ce sont surtout les personnages de Marina Foïs et Philippe Katerine qui m’ont marqué par leur réalisme et leur poésie. Marina Foïs tient ainsi le rôle de la femme de Mathieu Amalric. Un personnage aimant et compréhensif là où n’importe quel autre film en aurait fait une peau de vache. Et Philippe Katerine campe un personnage d’homme-enfant, toujours prêt à rendre service, la bonne poire de la bande dont certains abusent, mais qui peut compter sur ces amis pour le défendre.

Le Grand Bain : un film bienveillant !

J’ai longtemps cherché un adjectif pour définir ce film, et il aura fallu que je retombe sur une interview télévisée de Marina Foïs pour le trouver. Le Grand Bain est un film bienveillant. Dans tous les sens du terme. 

Dans cette interview donnée à Yann Barthès dans son émission Quotidien, Marina Foïs déclare avant la sortie du film que Le Grand Bain est un film rare puisque plutôt que de rires des personnages, le film donne ici aux spectateurs l’occasion de rire avec les personnages. C’est une nuance de taille et qui dépeint à merveille l’esprit de camaraderie et de bienveillance qui a dû être au cœur du processus créatif. Chacun des personnages dépeints à le droit à sa scène et cette équipe que l’on a sous les yeux prend parfois des airs de château de cartes. On prend peur pour chacun des membres tout en sachant que la chute d’un seul d’entre eux entrainerait la chute de toute l’équipe. Le Grand Bain est définitivement un film impliquant émotionnellement et Dieu que ce sont de bonnes émotions !

Un film qui oscille entre comédie dramatique et drame social !

L’autre particularité qui explique la réception positive du film, c’est qu’il s’avère être assez unique dans son approche de la comédie. En effet, Le Grand Bain peut tout aussi bien se voir comme une comédie que comme un drame social, une peinture assez déprimante de personnages perdus dans une société qui ne veut plus d’eux. Le film s’ouvre d’ailleurs sur un monologue de Mathieu Amalric dissertant sur le fait que des ronds ne peuvent pas rentrer dans des carrés et inversement, une métaphore bienvenue qui rappelle les personnages du film, trop marginaux pour rentrer dans les cadres de la société.

C’est d’ailleurs ce rythme oscillant entre drame et comédie qui risque de troubler certains spectateurs. Ainsi, dans la salle où j’ai pu voir le film, certaines personnes riaient aux éclats sur des scènes assez tristes avec du recul. Philippe Katerine à qui l’on explique qu’il va être remplacé par des ordinateurs, Mathieu Amalric qui se confie sur sa dépression, autant de scènes assez dramatiques, mais que certains spectateurs, surement habitués à des films plus gaudriole, ont du mal à accueillir avec toute la nuance qu’elles impliquent.

Pour conclure cette critique du Grand bain, je ne peux que vous recommander le visionnage du film. C’est un film rare avec des personnages très attachants et un pitch assez absurde pour satisfaire de très nombreux public. En revanche, je déconseille ce film aux gens qui nourriraient de grosses attentes ou qui s’attendraient à voir une pure comédie dans le sens populaire du terme. Le Grand Bain n’est pas une comédie c’est bien plus que ça. Certains qualifieraient le film de comédie déprimante, moi je le qualifierai de comédie dépressive !

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Green Book : comédie dramatique de Peter Farrelly sur la ségrégation des années 1960 !

Jusqu’alors cantonné aux comédies potaches, Peter Farrelly débarque en 2019 avec une comédie dramatique mettant en scène Viggo Mortensen et Mahershala Ali dans les rôles respectifs de Tony Lip et…

Jusqu’alors cantonné aux comédies potaches, Peter Farrelly débarque en 2019 avec une comédie dramatique mettant en scène Viggo Mortensen et Mahershala Ali dans les rôles respectifs de Tony Lip et Don Shirley. Ce road-movie au cœur de l’Amérique ségrégationniste dresse un portrait tout en finesse d’une Amérique des années 1960 où le racisme institutionnel est ancré dans l’esprit des gens. Un pamphlet oscillant entre drame et comédie, unique dans le paysage cinématographique actuel. 

Green Book : une histoire incroyable, mais vraie !

Pour son premier film réalisé en solo, Peter Farrelly travaille avec Nick Vellelonga, fils de Tony Vallelonga, Italo-Américain connu de son vivant comme gérant de l’hôtel Copacabana à New York.

Son fils scénarise l’histoire vraie de son père au début des années 1960, obligé d’enchainer les petits boulots pour subvenir aux besoins de sa famille. Alors qu’il est sollicité par la mafia pour réaliser des petits larcins, Tony Lip part sur les routes du Sud des États-Unis en tant que chauffeur du Dr Don Shirley, pianiste de jazz émérite.

Durant ce road trip, ces deux individus qu’en apparence tout oppose vont apprendre à se connaître et à faire face au racisme institutionnel de rigueur dans les États de Sud à cette époque. 

Un pamphlet antiraciste oscillant entre drame et comédie !

L’une des principales forces de Green book, c’est d’avoir su capter toute la perversité du racisme aux États-Unis. Farrelly exprime à travers sa mise en scène l’absurdité des doctrines racistes dans un pays constitué à 80% d’individus issus de l’immigration.

Si en début de film, Tony Lip et Don Shirley expriment chacun une vision étriquée de l’un comme de l’autre, à force de dialogue et de bienveillance, la barrière raciale se brise pour laisser place à une amitié.

Cela peut paraître niais au possible, mais Farrelly confronte ses personnages à des situations violentes tout au fil du récit. De la simple attaque verbale, au passage à tabac, en passant par la violence des institutions, tout est montré pour exprimer l’omniprésence du racisme dans la société américaine.

Contrairement au BlackKklansman de Spike Lee, qui faisait du racisme l’apanage des membres du Ku Klux Klan, Green Book explique que le racisme est ancré chez tout le monde. Qu’il s’agisse d’un gérant d’hôtel qui refuse de loger un Noir ou de bourgeois blancs qui refusent de diner dans la même salle qu’un Noir, tous expriment un racisme de principe, basé sur une éducation viciée et ancrée dans la société.

Viggo Mortensen livre sa plus belle performance !

Le film trouve toute sa drôlerie à travers le personnage de Tony Lip et la performance habitée de Viggo Mortensen campant à merveille ce personnage d’Italo-Américain un peu simplet.

Que ce soit par ses dialogues ou ses mimiques, Mortensen livre un jeu d’une intelligence rare, oscillant entre scènes de One man show déluré (mention spéciale à la scène de dégustation de poulet frit en voiture) et scènes plus graves où le personnage essaye de composer avec le racisme dont son ami et patron est victime.

Le personnage de Viggo Mortensen exprime par ailleurs toute l’ambiguïté du racisme aux États-Unis, puisqu’il nous est tout d’abord présenté comme raciste en début de film, avant de prendre la défense de Mahershala Ali lorsque celui-ci est rejeté pour sa différence.

Un film calibré pour les Oscars !

Green Book est un film calibré pour les Oscars et c’est peut-être là son seul défaut. Que ce soit par son scénario efficace, ses dialogues tirés au cordeau, l’interprétation magistrale de ses acteurs et son message antiraciste, tout laisse à penser que le film a été produit pour rafler les Oscars en 2019.

Malgré tout, nous aurions tort de bouder notre plaisir tant le film dépeint avec maestria le climat social d’une Amérique qui, aujourd’hui encore, panse les plaies d’un racisme institutionnel. Le film n’a peut-être pas l’aura d’un Twelve Years a Slave, mais il a au moins le mérite de nous faire rire avec ses personnages drôles et mélancoliques.

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A Star is Born : naissance d’une étoile et extinction d’une autre

Troisième remake d’un classique hollywoodien des années 1930, A Star is Born avait tout pour ne pas me plaire : C’est l’énième remake d’un film culte de l’âge d’or d’Hollywood ; C’est…

Troisième remake d’un classique hollywoodien des années 1930, A Star is Born avait tout pour ne pas me plaire :

  • C’est l’énième remake d’un film culte de l’âge d’or d’Hollywood ;
  • C’est un film sur l’industrie musicale actuelle et tout ce qu’elle a de détestable ;
  • C’est Bradley Cooper qui est à la réalisation, soit un acteur sans bagage technique en mise en scène ;
  • Et enfin, le rôle principal est tenu par Lady Gaga, une chanteuse que je n’affectionne pas particulièrement.

Seulement voilà, comme beaucoup de spectateurs et journalistes spécialisés, je me suis fait avoir. Oui… Et en beauté même ! A Star is Born est certainement la plus grosse surprise de cette rentrée ciné 2018 et c’est ce que je vais expliquer au travers de cette critique de A Star is Born. Vous êtes prêts ? Je vous dis tout !

A Star is Born : ça parle de quoi ?

A Star is Born raconte l’histoire de Ally, une chanteuse amateure qui croise la route de Jackson Maine, une star de rock sur le déclin. Alors qu’elle enchaîne les petits boulots et ne s’épanouit pas dans sa vie, Ally va trouver en Jackson un mentor qui va l’aider à réaliser son rêve : devenir chanteuse professionnelle. Au fil du récit, l’amour platonique devient plus sérieux et on suit donc une véritable histoire d’amour entre une star montante et une star sur le déclin.

La grande force de A Star is Born réside dans ses personnages. Ally, interprétée par Lady Gaga, est très touchante de sincérité. Son entourage, bien éloigné du milieu artistique ou musical et son tempérament fougueux en font un personnage principal fort, un parfait point d’accroche pour les spectateurs. Sa relation avec Jackson Maine est d’une justesse et d’une sincérité jamais vue, c’est à se demander si Bradley Cooper et Lady Gaga ne sont pas ensemble dans la vraie vie… Bradley Cooper, qui incarne le personnage de Jackson Maine, est de son côté très touchant également. À la fois odieux dans ses moments de chutes, ses bitures quotidiennes où le chanteur se transforme en zombie, mais aussi touchant lorsque son regard amoureux se pose sur Ally, Jackson est l’élément le plus instable du film, il marche sur une corniche et semble pouvoir tomber à chaque instant, emportant les rêves d’Ally avec lui.

Une critique du show-biz américain !

Avec des personnages aussi unilatéraux et un pitch de départ aussi classique, le film peut paraître un peu pauvre aux premiers abords. Mais sans compter sur le discours qu’il porte sur le monde du show-biz américain, un milieu qui détruit des vies d’artiste à la pelle. Ce discours est d’autant plus fort qu’on assiste, en tant que spectateur, à la naissance d’une étoile, Ally, mais aussi à la chute d’une autre, Jackson, une star qui a déjà fait les frais de ce rouleau compresseur, jusqu’à faire de lui une loque alcoolique, incapable de tenir un concert sans alcool, cocaïne ou médicaments.

Nos personnages prennent alors l’allure d’enfants pétris de rêves et d’ambitions artistiques, mais qui se retrouvent malgré eux à devenir des marques, des hommes et des femmes sandwichs chantant des tubes pré formatés pour un public type, avec chorégraphies tendancieuses et promotions sur les plateaux télé à l’appui.

Le film peut donc se lire comme une réflexion intéressante quant au personnage de Lady Gaga et sa relation avec son alter ego Stefani Joanne Germanotta. Ce film et cette réflexion prennent un écho tout particulier alors que la chanteuse vient de sortir un album intitulé Joanne, album dans lequel la chanteuse semble exprimer son souhait de s’éloigner du personnage de Lady Gaga.

Des acteurs et une réalisation au diapason !

A Star is Born est donc un film ayant un fond, c’est indéniable, mais qu’en est-il de la forme ? Et bien là encore, le film surprend en bien.

Pour ce qui est de l’interprétation, les acteurs sont tous vraiment convaincants : Lady Gaga se révèle en tant qu’actrice de premier plan. Si la chanteuse avait déjà tenu des rôles dans des séries telles qu’American Horror Story, c’est la première fois qu’elle tient un premier rôle de cette envergure… Et elle est convaincante de bout en bout ! Pour une personne comme moi, qui ne connaissait pas tant que ça la chanteuse et son personnage, j’ai trouvé son jeu très juste et d’une redoutable sincérité. Comme j’ai pu le dire précédemment, sa relation avec Bradley Cooper respire la sincérité et on a envie de croire à sa réussite.

Bradley Cooper campe quant à lui à merveille son personnage de Jackson Maine. On est bien loin de ses personnages de bon copain ou de fêtard / déconneur invétéré, il s’offre ici un rôle dramatique à souhait, tragique même puisque son destin semble scellé dans le marbre à la minute où il rencontre Ally.

La réalisation est plutôt convaincante, et si Bradley Cooper réalisateur ne s’embarrasse pas de plans trop complexes, il se permet quelques exercices stylistiques, notamment en adoptant des objectifs fish eye lors des scènes de concerts avec Jackson Maine – illustrant son état d’ébriété ou de défonce – mais aussi en alternant caméra cinéma et caméra de télévision lors des scènes de promo qu’Ally doit donner dans les médias.

En clair, je vous recommande chaudement le visionnage de A Star is Born, ce premier film de Bradley Cooper. Un film à la fois anachronique et mièvre dans le paysage cinématographique si formaté de 2018, mais qui fait un bien fou à travers son message et la révélation de talents d’acteurs et de réalisateur insoupçonnés chez Lady Gaga comme chez Bradley Cooper. Mon pronostic est d’ailleurs déjà posé : je suis intimement persuadé que le film remportera l’Oscar de la meilleure chanson originale pour le titre I’ll Never Love Again et que Lady Gaga sera au minimum nommé dans la catégorie Meilleure Actrice lors de la cérémonie des Oscars 2019. Et n’oubliez pas que si c’est le cas, vous l’aurez appris en premier sur Ciné Pop ! À très vite pour de nouvelles critiques de films !

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Les Frères Sisters : Jacques Audiard part à l’assaut du western

Les Frères Sisters fait partie de ces films qui vous attrapent en quelques minutes et ne vous lâchent plus pendant deux heures ! Dès la première scène, Les Frères Sisters pose une…

Les Frères Sisters fait partie de ces films qui vous attrapent en quelques minutes et ne vous lâchent plus pendant deux heures ! Dès la première scène, Les Frères Sisters pose une tension dingue, définis ses personnages et le spectateur n’attend plus qu’une chose : voir ses personnages évoluer dans cet univers fascinant de crasse et de violence. Jacques Audiard nous offre donc un film magique, un film majeur dans sa filmographie, un film qui m’a permis de me rendre compte d’une chose : j’aime profondément le genre du western ! Je vous en parle dans cette critique des Frères Sisters !

Les Frères Sisters : de quoi ça parle ?

Comment faire une critique des Frères Sisters sans parler de son histoire et de ses personnages fascinants ? Les Frères Sisters raconte l’odyssée de deux frangins, Charlie et Eli Sisters, tueurs à gage de métier, chargés par un mystérieux Commodore de traquer et torturer un chimiste créateur d’une formule chimique capable de révolutionner la Ruée vers l’Or ! Charlie, le petit frère est un vrai danger public, sanguinaire et alcoolique, chaque instant passé avec lui peut virer au massacre. Eli, son grand frère est bien plus doux, s’il fait preuve d’autant de violence, c’est presque plus par amour pour son frère que par réelle envie de faire le mal. Ils traquent ensemble un chimiste, Kermit Warm à la fois inventeur de génie, mais également grand idéaliste, profondément convaincu de l’intérêt de la liberté et de la démocratie, une valeur bafouée dans l’Ouest américain à cette époque. Enfin, derniers personnages du film, nous suivons les tribulations de John Morris, un mystérieux détective / aventurier chargé de renseigner les Frères Sisters sur les agissements du chimiste afin de guider les chasseurs vers leur proie…

Si le film prend, de par son synopsis, des allures de chasse à l’homme dans le Grand Ouest américain, Jacques Audiard semble accorder une plus grande importance à l’aspect drame familial qui se déroule sous nos yeux. Le spectateur peut ainsi s’identifier à Eli Sisters, Kermit Warm et John Morris, trois personnages lumineux qui évoluent dans un monde sombre, crasseux et violent, à l’image de Charlie Sisters, personnage exécrable à la mentalité d’un gamin de 12 ans !

Les Frères Sisters : un film sur l’amour fraternel !

En tant que cinéphile, on ne peut qu’être admiratif de la force émotionnelle dégagée par les Frères Sisters. Quiconque ayant un minimum de cœur ne peut qu’être touché par cette histoire d’amour fraternel entre Charlie et Eli, deux frères perdus physiquement et émotionnellement dans des paysages désertiques aussi mornes et hostiles que leur environnement social.

Durant le film, on attache presque plus d’importance au parcours des personnages qu’à leur quête elle-même. Cette chasse à l’homme est un fil rouge, mais ce qui compte vraiment, ce sont les rapports de force qu’entretiennent Charlie et Eli. De même, on s’intéresse grandement aux pensées et aux visions de Morris et Warm, le détective et le chimiste. Si Morris se voit comme un aventurier romantique en début de film, il va découvrir la violence du monde qui l’entoure au contact des Frères Sisters, véritables agents du chaos ; une découverte qui le changera à jamais…

Un pur western dans le fond comme dans la forme !

L’une des autres forces des Frères Sisters, c’est d’être un pur western, dans la tradition des Sergio Leone. Loin des western méta auxquels nous avons pu assister ces dernières années, Les Frères Sisters se voit avant tout comme un film d’aventure, une odyssée dans le Grand Ouest américain.

Pour ce qui est de la forme, Audiard a eu la bonne idée de tourner son film dans les grands espaces du sud de l’Espagne. Une région désertique qui avait déjà inspiré Sergio Leone à l’époque de sa trilogie du Dollar et d’Il était une fois dans l’Ouest. Les décors d’intérieur ont, eux, été tournés en studio, en Roumanie pour être exact. Cela n’enlève rien à l’ambiance âpre et crasseuse du film, et l’on retrouve avec joie les décors typiques du genre western à base de ranch et de saloon.

Pour rester dans le pur style du western, Audiard fait des Frères Sisters de véritables figures du genre western. On retrouve autour d’eux des chasseurs de primes, des cow-boys violents, des tenanciers de saloon, des mères maquerelles et des filles de joie.

Comme à son habitude, Jacques Audiard ne nous épargne pas avec des scènes d’une rare violence. Si j’étais surpris de voir le film « tous public » à mon arrivée au cinéma, j’ai été encore plus surpris de la violence dépeinte dans le film. J’avais été déjà marqué par la scène d’égorgement dans Un Prophète, précédent film du réalisateur, mais ici les scènes de massacre des Frères Sisters font preuve d’une violence graphique assez dure, et je n’ai pas pu m’empêcher de cacher mes yeux lors d’une scène d’amputation très, très dure…

En conclusion, je ne peux que vous recommander Les Frères Sisters. C’est un film absolument immanquable en cette rentrée 2018. Jacques Audiard fait le portrait touchant de deux frères que tout oppose, mais qui s’unissent dans la violence, pour le meilleur, comme pour le pire. C’est un film magnifique dans lequel on retrouve un quatuor d’acteurs somptueux. Joaquin Phoenix est comme d’habitude habité par son personnage de Charlie Sisters ; Jake Gyllenhaal retrouve le chapeau de cow-boy 13 ans après Le Secret de Brokeback Moutain, et Dieu qu’il le porte bien ; Riz Ahmed est très touchant en chimiste idéaliste, perdu dans ce monde sauvage ; mais c’est surtout John C. Reilly qui se démarque dans ce film en Eli Sisters, c’est par lui que le spectateur entre dans l’Histoire, et c’est notre point d’accroche dans cette déferlante de violence que sont Les Frères Sisters ! Un immanquable de l’année 2018 !

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Guy : docu-fiction sur la face cachée du show-business

Intrigué par le nouveau projet cinématographique d’Alex Lutz, j’ai couru au cinéma en ce mois de septembre pour découvrir ce nouvel ovni cinématographique : Guy. Sous-titré Jamet du nom de son…

Intrigué par le nouveau projet cinématographique d’Alex Lutz, j’ai couru au cinéma en ce mois de septembre pour découvrir ce nouvel ovni cinématographique : Guy. Sous-titré Jamet du nom de son personnage Guy Jamet, le film laissé dès sa promo un nombre incalculable de questions derrière lui. Qui est Guy ? Qu’est-il censé représenter ? Comment est-il né dans l’esprit de l’auteur du duo culte Catherine et Liliane ? C’est en quête de réponses que j’ai couru en salle à la sortie du film et c’est avec celles-ci que je me présente à vous aujourd’hui avec cette critique de Guy, le dernier film d’Alex Lutz. Vous êtes prêts ? Je vous dis tout !

Que raconte Guy, docu-fiction sur Guy Jamet ?

Le premier point auquel je me devais de répondre au fil de cette critique de Guy est le suivant : que raconte le film ? Le film démarre par un monologue, celui d’un narrateur qui s’appelle Gauthier. Gauthier est un jeune journaliste, il vient de perdre sa mère et apprend dans la foulée que son père n’est nul autre que Guy Jamet, chanteur de variété un brin ringard, et qui tente un come-back le temps d’une tournée d’adieu. Gauthier explique alors qu’il va suivre le chanteur durant cette tournée histoire de comprendre qui est vraiment son père, qui est l’homme derrière l’artiste.

Le film se construit donc comme un faux documentaire, dans son histoire, comme dans sa forme. En effet, le film est réellement tourné à la manière d’un reportage / documentaire sur la personne de Guy Jamet. La caméra est tenue par le personnage de Gauthier, qui reste tout le film hors champ à filmer et interagir avec le chanteur. Ce procédé crée une réelle authenticité dans ce qui est montré à l’écran. Et si les premières secondes peuvent déranger par le ton et le format atypique du docu-fiction, force est de constater que nous sommes, en tant que spectateurs, très vite absorbés par le film, notre suspension d’incrédulité fonctionnant à merveille et cela grâce au jeu pointu et authentique d’Alex Lutz.

Alex Lutz campe en effet à merveille ce personnage de Guy Jamet, melting pot improbable de tout ce qui fait le charme et la ringardise d’un chanteur de variété. Il dépeint au travers de Guy tout le milieu du show-business, mais aussi la place de l’homme derrière l’artiste, piégé dans cette immense mascarade.

Guy : un film-essai sur le monde du show-business !

Second point à éclaircir : qui est Guy Jamet ? Et bien le personnage d’Alex Lutz est en fait un savant mélange de plusieurs artistes de la variété française. On retrouve bien sûr du Claude François dans le look yéyé de l’acteur, mais également du Johnny Hallyday dans l’aspect chanteur fatigué avec cette moue impayable, et enfin un brin de Michel Sardou avec ce côté un peu vieux con sympathique… mais vieux con quand même !

Durant le film, on suit le personnage de Guy dans son quotidien de chanteur en tournée. On le voit répéter avec ses musiciens, disserter sur ses chansons dans le car, plaisanter avec ses équipes sur les bleds improbables qu’ils visitent. Bref, il se dégage une profonde sincérité d’Alex Lutz dans ce portrait de la vie d’un artiste, à la fois passionné par cette vie de bohème, mais également attaché à son petit confort, sa maison et ses chevaux.

Le film se paye même le luxe de caméo de qualité, avec notamment Julien Clerc, Alexandra Sublet, Nicole Ferroni, mais surtout l’immanquable Michel Drucker, renforçant, par là même, le sentiment d’authenticité dégagé par le film. 

Guy Jamet : le portrait d’un homme derrière l’artiste 

Mais au-delà de cette peinture sur le show-business et la vie d’artiste, Guy c’est surtout le portrait touchant d’un septuagénaire en perte de repère dans sa vie. En effet, pendant le film, Guy Jamet ne cesse de radoter à quel point il a conscience d’être passé à côté de sa vie. Il tient ainsi de longs discours sur son rapport à l’amour, aux femmes, à la famille, mais aussi, et c’est là le plus touchant, à l’image qu’il renvoie au public. Car si le film est drôle, c’est dans les moments où il montre le contraste entre le personnage de Guy, chanteur de variété mielleux et sympathique, et la personne de Guy Jamet, vieillard aigri, cynique et parfois méchant. Il fait preuve d’un humour souvent grinçant, corrosif et Alex Lutz l’incarne tellement à merveille que certaines répliques sonnent instantanément cultes !

L’histoire d’un jeune homme qui apprend à connaître son père

Mais si Guy tient arrive à tenir sur la longueur, ce n’est pas uniquement grâce à l’interprétation et à l’authenticité d’Alex Lutz, c’est aussi grâce à ce fil rouge, cette intrigue qui nous tient en haleine : celle de Gauthier apprenant à connaître son père.

Au fil du film Guy Jamet se confie à Gauthier sur son impression d’avoir été un mauvais père. En effet, s’il ne sait pas que Gauthier est son fils, Guy a eu un fils légitime avec Anne-Marie, une autre chanteuse de variété campée par Dani. Ayant grandi dans l’ombre de ses parents, ce fils dont on ne connaît pas le nom entretient une relation compliquée avec son père, qui le lui rend bien en retour. Gauthier, et le spectateur avec, fait naturellement le rapprochement avec son passé et l’absence de son père.

On apprend donc à connaître Guy Jamet tout comme Gauthier apprend à connaître son père et la réalisation en docu-fiction prend alors tout son sens !

Au final, Guy le dernier film d’Alex Lutz est un véritable ovni cinématographique que je vous encourage grandement à découvrir. Rares sont les films de cette trempe à arriver sur grand écran. On sent que ce projet tenait à cœur à Alex Lutz qui campe son personnage avec une maestria jamais vue chez le comédien jusqu’alors. C’est un film qui parle du show-business, c’est un film qui parle des hommes, de la paternité et de la vieillesse. C’est un film drôle, c’est un film touchant, un film vrai. Et pour un film qui se veut comme un docu-fiction, je trouve qu’il fait bien plus authentique que beaucoup de reportage et documentaire qui se vendent comme tel. Je vous encourage donc grandement à le découvrir en salle. Foncez !

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Jurassic World Fallen Kingdom : un essai non transformé !

En tant que fan inconditionnel des deux premiers films de la saga Jurassic Park (oui j’adore Le Monde Perdu !!), je ne pouvais pas passer à côté des films de la…

En tant que fan inconditionnel des deux premiers films de la saga Jurassic Park (oui j’adore Le Monde Perdu !!), je ne pouvais pas passer à côté des films de la saga Jurassic World. Si le premier film restait agréable à regarder malgré quelques faiblesses scénaristiques, je fondais de plus grands espoirs sur le second volet de cette trilogie, notamment à cause de son réalisateur : Juan Antonio Bayona. Alors verdict ?

Jurassic World, une suite problématique dans son concept…

Avant de m’atteler à la critique de Jurassic World Fallen Kingdom, je pense qu’il peut être intéressant de faire un retour dans le temps de 3 ans, à la sortie du premier volet. Comme je le disais en introduction, le premier volet de Jurassic World avait posé quelques problèmes à sa sortie, notamment sur son fond qui fonctionnait a priori comme une redite du premier Jurassic Park. On retrouvait l’émerveillement du parc, sa visite, son incident et sa catastrophe. Certaines scènes fonctionnaient d’ailleurs comme des copiés-collés assumés de Jurassic Park et si l’effet nostalgie pouvait prendre par moment, cela devenait un peu agaçant à la longue.

Le premier Jurassic World fonctionnait d’ailleurs plus comme une mise en abîme plutôt qu’en tant que film à part entière. En effet, le pitch du film raconte la création d’un dinosaure artificiel, toujours plus grand, toujours plus haut, toujours plus fort, pour rameuter du public dans le parc. On peut faire ici le parallèle avec les spectateurs des films qui étaient autrefois émerveillés par les effets spéciaux du premier Jurassic Park, mais qui face à l’ampleur qu’ont pris les effets spéciaux dans les années 2000, se retrouvent en 2015 totalement blasés face à des créatures numériques.

Mais cette mise en abîme est-elle suffisante pour construire une saga intéressante sur le long terme ? C’est toute la question qui se posait avec Jurassic World Fallen Kingdom.

Jurassic World Fallen Kindgom : un vrai départ pour la saga !

Fallen Kingdom fait donc suite au premier volet de Jurassic World et on retrouve donc Owen et Claire, l’un s’étant rangé suite à la catastrophe de Jurassic World et l’autre étant devenue une activiste agissant pour la défense des dinosaures vivant en liberté sur l’île. Ils devront unir leur force pour sauver les créatures, menacées par l’éruption d’un volcan jusqu’alors en sommeil.

Le début du film est très encourageant, que ce soit en termes de narration ou de réalisation. Le film s’ouvre sur l’évasion de plusieurs dinosaures de l’île et leur attaque sur un campement militaire. La violence, comme à son habitude, reste suggérée, mais on retrouve une véritable tension horrifique portée par la réalisation de Bayona, auteur de L’Orphelinat et de The Impossible.

Toute la première moitié du film, axée sur le sauvetage des dinosaures et la destruction d’Isla Nublar, semblait d’ailleurs signer le renouveau de la saga qui proposait enfin quelque chose de neuf ; chose qui n’était pas arrivée depuis Jurassic Park III, sorti en 2001 !

Malheureusement, Jurassic World reprend ses droits !

L’un des points les plus détestables du premier Jurassic World, c’était son discours métaphorique et pseudo scientifique de « l’Homme qui se prend pour Dieu ». En effet, le film justifiait la création de « nouveaux dinosaures » issus de manipulations génétiques tout en reprenant le discours de Jurassic Park et l’avertissement contre les dérives de la science. Si ce discours fonctionnait dans les deux premiers Jurassic Park, sa ressortie en 2015 démontrait un sérieux manque d’originalité.

Or, le souci c’est que toute la seconde moitié de Jurassic World Fallen Kingdom reprend cette trame laissée inachevée par le premier film, avec en prime un autre « nouveau dinosaure » : l’Indo-Raptor. Cette seconde moitié du film prend place dans un manoir ce qui rend l’action et la présence des dinosaures totalement ridicule, et on renoue avec des personnages caricaturaux et des twists scénaristiques absolument hors de propos avec en bonus, une révélation sur un personnage lié au clonage humain. Bref du beau n’importe quoi pour une seconde partie certes divertissante, mais totalement hors de propos.

En conclusion de cette critique de Jurassic World Fallen Kingdom, je pense qu’on peut dire que le film est vraiment en demi-teinte. C’est fort dommage quand on connaît le réalisateur qui était aux commandes, mais une fois de plus, forcé de constater que le réalisateur n’avait pas le contrôle créatif sur son film et que les studios ont dû lui forcer la main sur certains aspects du scénario. Restent certaines bonnes scènes d’action, et une conclusion innovante, pleine de promesses qu’il faudra tenir pour le dernier volet de cette trilogie qui sortira certainement en 2020 !

Jurassic World, une suite problématique dans son concept…

Avant de m’atteler à la critique de Jurassic World Fallen Kingdom, je pense qu’il peut être intéressant de faire un retour dans le temps de 3 ans, à la sortie du premier volet. Comme je le disais en introduction, le premier volet de Jurassic World avait posé quelques problèmes à sa sortie, notamment sur son fond qui fonctionnait a priori comme une redite du premier Jurassic Park. On retrouvait l’émerveillement du parc, sa visite, son incident et sa catastrophe. Certaines scènes fonctionnaient d’ailleurs comme des copiés-collés assumés de Jurassic Park et si l’effet nostalgie pouvait prendre par moment, cela devenait un peu agaçant à la longue.

Le premier Jurassic World fonctionnait d’ailleurs plus comme une mise en abîme plutôt qu’en tant que film à part entière. En effet, le pitch du film raconte la création d’un dinosaure artificiel, toujours plus grand, toujours plus haut, toujours plus fort, pour rameuter du public dans le parc. On peut faire ici le parallèle avec les spectateurs des films qui étaient autrefois émerveillés par les effets spéciaux du premier Jurassic Park, mais qui face à l’ampleur qu’ont pris les effets spéciaux dans les années 2000, se retrouvent en 2015 totalement blasés face à des créatures numériques.

Mais cette mise en abîme est-elle suffisante pour construire une saga intéressante sur le long terme ? C’est toute la question qui se posait avec Jurassic World Fallen Kingdom.

Jurassic World Fallen Kindgom : un vrai départ pour la saga !

Fallen Kingdom fait donc suite au premier volet de Jurassic World et on retrouve donc Owen et Claire, l’un s’étant rangé suite à la catastrophe de Jurassic World et l’autre étant devenue une activiste agissant pour la défense des dinosaures vivant en liberté sur l’île. Ils devront unir leur force pour sauver les créatures, menacées par l’éruption d’un volcan jusqu’alors en sommeil.

Le début du film est très encourageant, que ce soit en termes de narration ou de réalisation. Le film s’ouvre sur l’évasion de plusieurs dinosaures de l’île et leur attaque sur un campement militaire. La violence, comme à son habitude, reste suggérée, mais on retrouve une véritable tension horrifique portée par la réalisation de Bayona, auteur de L’Orphelinat et de The Impossible.

Toute la première moitié du film, axée sur le sauvetage des dinosaures et la destruction d’Isla Nublar, semblait d’ailleurs signer le renouveau de la saga qui proposait enfin quelque chose de neuf ; chose qui n’était pas arrivée depuis Jurassic Park III, sorti en 2001 !

Malheureusement, Jurassic World reprend ses droits !

L’un des points les plus détestables du premier Jurassic World, c’était son discours métaphorique et pseudo scientifique de « l’Homme qui se prend pour Dieu ». En effet, le film justifiait la création de « nouveaux dinosaures » issus de manipulations génétiques tout en reprenant le discours de Jurassic Park et l’avertissement contre les dérives de la science. Si ce discours fonctionnait dans les deux premiers Jurassic Park, sa ressortie en 2015 démontrait un sérieux manque d’originalité.

Or, le souci c’est que toute la seconde moitié de Jurassic World Fallen Kingdom reprend cette trame laissée inachevée par le premier film, avec en prime un autre « nouveau dinosaure » : l’Indo-Raptor. Cette seconde moitié du film prend place dans un manoir ce qui rend l’action et la présence des dinosaures totalement ridicule, et on renoue avec des personnages caricaturaux et des twists scénaristiques absolument hors de propos avec en bonus, une révélation sur un personnage lié au clonage humain. Bref du beau n’importe quoi pour une seconde partie certes divertissante, mais totalement hors de propos.

En conclusion de cette critique de Jurassic World Fallen Kingdom, je pense qu’on peut dire que le film est vraiment en demi-teinte. C’est fort dommage quand on connaît le réalisateur qui était aux commandes, mais une fois de plus, forcé de constater que le réalisateur n’avait pas le contrôle créatif sur son film et que les studios ont dû lui forcer la main sur certains aspects du scénario. Restent certaines bonnes scènes d’action, et une conclusion innovante, pleine de promesses qu’il faudra tenir pour le dernier volet de cette trilogie qui sortira certainement en 2020 !

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Ocean’s 8 : on prend les mêmes et on recommence !

Depuis plusieurs années, Hollywood tente de conquérir (ou reconquérir) un public féminin qu’il juge peut-être absent des salles. La stratégie des grands studios ? Adapter et féminiser de grandes licences du…

Depuis plusieurs années, Hollywood tente de conquérir (ou reconquérir) un public féminin qu’il juge peut-être absent des salles. La stratégie des grands studios ? Adapter et féminiser de grandes licences du cinéma grand public américain. Ces sagas cultes ramenaient autrefois un large public au cinéma, pourquoi donc ne pas capitaliser sur ces licences fortes et cibler, en plus, un public féminin ? Après Ghostbuster, c’est donc à la saga des Ocean’s de passer à la moulinette du féministe tendance #metoo… au détriment de la qualité ? C’est ce que nous allons voir avec cette critique d’Ocean’s 8 !

Ocean’s 8 est-il un remake d’Ocean’s 11 ?

En tant que grand amateur du premier volet de la saga, Ocean’s 11, sorti en 2000, j’appréhendais beaucoup le visionnage de Ocean’s 8. Était-ce un remake, un reboot, un spin-off, dans cette valse des anglicismes, il est parfois complexe de s’y retrouver dans cette fièvre hollywoodienne !

Dès ses premières secondes, le film laisse planer le doute. On retrouve le fameux plan iconique d’Ocean’s 11, dans lequel Clooney faisait face à des employés pénitentiaires… Sauf que monsieur Nespresso est ici remplacé par Sandra Bullock. Elle retrouve ensuite Cate Blanchett qui l’attend sur le parking, comme Brad Pitt attendait Clooney dans le film original…

Vous l’aurez compris, dès ses premières scènes, Ocean’s 8 semble prendre le chemin du remake pur et dur du film de Steven Soderberg !

Seulement, le film s’assume également comme une suite. On retrouve un clin d’œil au personnage de George Clooney, Danny Ocean, présumé mort dans cette suite. Sandra Bullock interprète d’ailleurs la sœur du braqueur, une sœur lié à son frère par sa passion pour l’arnaque et les braquages en tout genre, mais qui semble également avoir grandi dans l’ombre de son fraternel.

Alors Ocean’s 8 est-il un remake ou une suite ? Ni l’un, ni l’autre à vrai dire ! Et c’est tout le problème de ce film dont la construction bâtarde ne permet pas d’apprécier totalement le visionnage.

Un casting de qualité… mais mal utilisé !

Le casting d’Ocean’s 8 est surprenant de qualité. Rarement nous aurons vu autant de têtes d’affiche réunies dans un seul film, encore moins étant donné que ce sont toutes des femmes. J’ai pu citer précédemment Sandra Bullock et Cate Blanchett, mais nous avons aussi Anne Hathaway, Rihanna, Sarah Paulson et Helena Bonham Carter ! Des actrices qui n’ont rien à envier en termes de qualité de jeu à leurs homologues masculins… Mais qui se trouvent assez mal utilisées tout au long du film.

En effet, hormis Helena Bonham Carter et la jeune Awkwafina, aucune actrice n’arrive réellement à sortir du lot. Je vais mettre cela sur le compte d’un scénario paresseux, mais en réalité, chaque personnage fonctionne en miroir avec les personnages d’Ocean’s 11.

Pour faire une liste, nous avons donc :

  • Sandra Bullock qui reprend le rôle de George Clooney ;
  • Cate Blanchette, celui de Brad Pitt ;
  • Anne Hathaway, celui de Andy Garcia ;
  • Awkwafina, celui de Matt Damon ;
  • Rihanna, celui de Don Cheadle ;
  • Etc., etc.

Quelques surprises scénaristiques !

Cependant, si je dresse un portrait peu flatteur au travers de cette critique d’Ocean’s 8, le film réserve cependant quelque surprise dans son rythme de croisière. 

En effet, là où le twist du premier film reposait en grande partie sur la présence de Julia Roberts au bras du personnage d’Andy Garcia, Ocean’s 8 a le mérite de ne pas reprendre ce twist de triangle amoureux, faisant de Sandra Bullock et Cate Blanchett un couple lesbien.

Non le véritable twist du film se révèle ici être le personnage d’Anne Hathaway qui cache, derrière son apparente naïveté, un caractère bien trempé et une malignité qui peut faire sourire le spectateur.

Les rebondissements fonctionnent donc et même si le film n’est pas très original, la mécanique du braquage qui tourne plus ou moins bien prend naturellement. La tension fonctionne et les gags aussi.

Mention spéciale pour les apparitions de Shaobo Qin et d’Elliott Gould qui nous réservent deux caméos bien sympathiques, et qui par leur simple présence, peuvent pousser les quelques nouveaux spectateurs à s’intéresser aux films originaux qui sont à n’en pas douter de bien meilleure facture !

Au final, est-ce qu’Ocean’s 8 est un bon film ? Je pense que oui, malgré ces nombreux défauts. Force est de constater que le film a été un succès au box-office et qu’il aura su atteindre sa cible féminine. Pour l’anecdote, c’est ma copine qui est allée voir le film la première et qui m’a conseillé d’aller le voir par la suite. Je pense que beaucoup d’autres spectateurs se sont retrouvés face au film tout comme moi et c’est une bonne chose, car le film n’est pas mauvais comme beaucoup le prétendent. On se prend assez vite au jeu, la mécanique du film de braquage fonctionne, l’action est divertissante et les gags bien amenés. On est certes loin de l’impact d’un Ocean’s 11, mais cela reste un bon divertissement !

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Rocketman : Bohemian Rhapsody en plus inspiré !

Depuis la sortie de La La Land en 2016, les films musicaux semblent avoir le vent en poupe. En l’espace de trois ans, il ne s’est pas passé six mois…

Depuis la sortie de La La Land en 2016, les films musicaux semblent avoir le vent en poupe. En l’espace de trois ans, il ne s’est pas passé six mois sans qu’un biopic ou une comédie musicale ne sorte au cinéma. Rocketman s’inscrit dans cette mouvance de films musicaux, mais parvient toutefois à proposer une vision unique de ce que doit être le biopic musical. Présenté au Festival de Cannes 2019 et auréolé d’une standing ovation, Rocketman fait-il mieux que Bohemian Rhapsody ? La réponse dans cette critique de Rocketman !

Rocketman : de quoi ça parle ? 

Rocketman est un biopic contant la vie du chanteur Elton John, de son enfance jusqu’à la fin des années 1980. Élevé au sein d’une famille de la classe moyenne anglaise, Elton se découvre un don pour la composition musicale et l’interprétation en chanson. Associé à un parolier, il devient la pop-star la plus en vogue de la planète au début des années 1970. Très vite, la drogue, l’alcool et le sexe s’invitent dans son quotidien, au point de détruire sa santé et ses relations. Toutefois Elton arrivera à se remettre en question et à faire de nouveau briller le Rocketman qui sommeille en lui.

Un parallèle évident avec Bohemian Rhapsody

Il y a quelques mois, je vous proposais une critique de Bohemian Rhapsody, biopic musical consacré au groupe de rock Queen. Si le film était très agréable au voisinage et généreux en émotions, Bohemian Rhapsody n’en restait pas moins un blockbuster au développement chaotique. Si Bryan Singer est crédité comme réalisateur du film, c’est Dexter Fletcher, futur réalisateur de Rocketman qui était en charge des reshoots et de toute la fin du tournage. En effet, Singer a été évincé du tournage suite à diverses accusations d’agressions sexuelles en plein mouvement #MeToo.

Ce lien de parenté évident entre Bohemian Rhapsody et Rocketman incite donc les spectateurs à comparer les films entre eux. Lequel est le mieux mis en scène ? Lequel est le mieux narrer ? Lequel restera dans les mémoires ? C’est à ces questions que je vais tenter de répondre à travers cette critique de Rocketman.

Une mise en scène grandiloquente à l’image de son personnage 

L’une des principales distinctions entre Bohemian Rhapsody et Rocketman réside dans la maestria de sa réalisation.

Là où Brian Singer se contentait d’enchaîner les séquences sans réelle inventivité, Dexter Fletcher a choisi de tourner Rocketman à la manière d’une comédie musicale. Les personnages peuvent se mettre à chanter les tubes d’Elton John durant une scène de dialogue et les séquences musicales sont bien plus oniriques que celles du biopic de Queen. 

Le film s’ouvre d’ailleurs sur une séquence du jeune Elton John, enfant, se figurant une chorégraphique dantesque dans son neighborhood anglais.

Une narration classique, mais efficace

Rocketman se distingue également par sa narration très efficace. Le film prend ainsi le parti de narrer la vie d’Elton John sous forme de flashbacks. De son enfance à l’âge adulte en passant par son adolescence, tous les aspects de la vie d’Elton John passent au crible du long métrage.

Le film anticipe d’ailleurs la non-exhaustivité de son scénario en contant l’histoire du point de vue du personnage principal. Les visions oniriques mises en scène ne sont plus des affabulations du film, mais des enjolivements d’une réalité vécue par Elton John.

Rocketman ou Bohemian Rhapsody : lequel restera dans l’Histoire ?

Si Rocketman est un meilleur film sur le plan de la narration et de la réalisation, reste à savoir s’il peut prétendre au même succès public que le biopic de Queen. Et à cette question, ma réponse est non. Peut-être cela tient-il à la moindre popularité d’Elton John ou à l’intemporalité de Freddy Mercury, mais Rocketman n’atteindra sûrement pas l’aura de Bohemian Rhapsody.

On peut d’ailleurs reprocher au studio Marv Films le timing de production du film qui sort moins d’un an après Bohemian Rhapsody. Le biopic de Queen n’avait pas encore fini sa course aux Oscars que Rocketman était annoncé comme son successeur. Peut-être aurait-il fallu attendre quelques mois pour sortir le film, quitte à le reléguer à la période de Noël.

Quoi qu’il en soit Rocketman reste à ce jour l’un des meilleurs biopics de chanteur sorti au cinéma au côté de Bohemian Rhapsody, Ray, The Doors, Cloclo et Gainsbourg (vie héroïque). 

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Dans la brume, un film de genre français !

S’il vous arrive de traîner occasionnellement sur Twitter, vous n’avez pas pu passer à côté de la campagne virale autour du film Dans la brume. Sa particularité ? Un film de…

S’il vous arrive de traîner occasionnellement sur Twitter, vous n’avez pas pu passer à côté de la campagne virale autour du film Dans la brume. Sa particularité ? Un film de genre catastrophe / science-fiction se déroulant en France avec pour tête d’affiche Romain Duris et Olga Kurylenko. Cela vous intrigue ? Moi aussi, et c’est pour cela que j’ai foncé en salle le jour de la sortie pour me faire un avis sur ce véritable ovni dans le paysage cinématographique français. Découvrez donc ma critique de Dans la brume, un film singulier que ce soit par son histoire ou dans sa réalisation !

Dans la brume, un film catastrophe made in France !

S’il y a bien une chose que le studio a mise en avant durant toute la campagne promo du film, c’est la localisation de son histoire, à savoir notre chère capitale Paris. Dès ses premières minutes, nous passons par l’aéroport de Roissy, nous découvrons des gens paniqués sortir en courant des bouches de métro et nous avons surtout notre David Pujadas national qui nous fais un caméo télé… Pas de doute, nous sommes bien devant un film français !

L’histoire commence donc très vite, mais prend le temps de poser les quelques enjeux du film : le personnage de Romain Duris est un père aimant (et un mari absent) qui parcourt le monde en quête d’un traitement miracle pour soigner sa fille. Fille qui vit avec sa mère, jouée par Olga Kurylenko, et qui doit vivre enfermée dans une bulle, ne pouvant pas respirer l’air ambiant. Seulement voilà, un cataclysme advient et une brume toxique et épaisse émerge des profondeurs de Paris. Elle finit par recouvrir toute la capitale jusqu’à atteindre les étages des immeubles, et notamment l’appartement d’Olga Kurylenko. Obligés d’abandonner leur fille seule dans son bocal, les parents n’auront de cesse de chercher une solution pour sauver leur fille, tout en luttant pour leur propre survie. 

Une métaphore de la condition de parent ?

Pour vous situer mon ressenti global sur le film, je dois tout d’abord avouer que je suis très amateur de films catastrophes. Si la plupart des films catastrophes promettent du grand spectacle, j’aime surtout voire les individus réagirent aux évènements. C’est dans ses moments que se cache souvent le vrai message du film, et Dans la brume s’inscrit parfaitement dans cette dynamique. En effet, on peut voir dans le parcours des parents face aux évènements une métaphore de leur condition de parents. Sans cesse inquiets quant au sort de leur fille, ils tentent sans relâche de trouver des solutions pour l’aider à s’en sortir, même au péril de leur vie. Mieux encore, la fin du film que je ne spoilerai pas rassurez-vous, prouve que la solution vient rarement des parents eux-mêmes, mais de la fille qui prend son destin en main. Toujours dans le cadre de cette métaphore, on peut voir la bulle dans laquelle la fille est enfermée comme une cage, un cadre rassurant pour les parents, mais entravant l’enfant dans son développement personnel. Dans la brume est donc un véritable film à message, au-delà d’être un très bon film catastrophe.

Une réalisation soignée au service de la narration !

Présentant des enjeux simples et un cadre clair, le film se targue également d’une réalisation soignée, choisissant de ne pas faire dans la profusion d’effets spéciaux, mais préférant se focaliser sur les personnages et leurs évolutions dans le cadre de la catastrophe. Très vite, les personnages sortent de l’immeuble et déambulent dans les rues. L’ambiance devient alors très vite anxiogène et le choix de plonger les personnages dans une brume opaque tirant vers le jaune n’est pas sans rappeler l’adaptation de Silent Hill réalisée par Christophe Gans.

Les comédiens se débrouillent globalement très bien et leurs réactions restent très réalistes face aux évènements auxquels ils sont confrontés. Ils se posent les bonnes questions et à aucun moment je ne suis sorti du film. On regrettera cependant un Romain Duris en léger surjeu et un manque d’explication concernant les causes de l’incident.

En clair je vous recommande le visionnage de Dans la brume. Le film est une véritable proposition de cinéma et il serait dommage de ne pas soutenir ce film. On entend souvent dire que le cinéma français ne sait pas produire autre chose que des comédies ou des drames sociaux, c’est l’occasion de prouver aux producteurs-distributeurs qu’il existe un public pour ce genre de film. À bon entendeur !

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Ready Player One : une synthèse du Spielberg entertainer !

Profitant du week-end pascal, je suis allé découvrir en salle, le tout dernier film de Steven Spielberg, Ready Player One, adaptation du roman de science-fiction écrit par Ernest Cline. Un…

Profitant du week-end pascal, je suis allé découvrir en salle, le tout dernier film de Steven Spielberg, Ready Player One, adaptation du roman de science-fiction écrit par Ernest Cline. Un film important dans la filmographie de Steven Spielberg, tant au niveau technique que symbolique. Je vous en parle !

Ready Player One : de quoi ça parle ?

Ready Player One raconte l’histoire de Wade, un jeune homme vivant à Colombus dans l’Ohio, en l’an 2045. Dans ce futur dystopique, l’humanité est frappée par de nombreuses crises, économiques comme écologiques. Pour échapper à ce quotidien morose, les humains s’évadent dans un monde virtuel, l’OASIS, une sorte de monde parallèle où les joueurs vivent des aventures folles sous la forme d’avatars.

L’histoire commence à la mort de James Halliday, créateur légendaire de l’OASIS. Alors que le monde pleure le décès du génie prolifique, son avatar virtuel dévoile que Halliday a caché 3 clefs dans l’OASIS menant à l’Easter Egg du jeu. Un œuf de Pâques octroyant à la personne qui réussit à le trouver une fortune de 500 milliards de dollars !

Nous suivons donc les aventures de Wade, sous son avatar Parzival, et de ses compagnons joueurs, dans leur quête de l’Easter Egg ultime de l’OASIS. Ils rencontreront de nombreux obstacles lors de leur quête, et notamment la multinationale IOI et son PDG, Nolan Sorrento !

Un concept fort, taillé pour Spielberg !

Vous l’aurez compris, le pitch de Ready Player One est taillé pour le pur divertissement ! Et le divertissement, c’est justement le fer-de-lance de Steven Spielberg ! Tout au long de sa carrière, celui qu’on appelle à Hollywood le pape de l’Entertainment, aura su conjuguer sa vision d’auteur et son amour du grand spectacle, pour nous pondre des chefs-d’œuvre tels que Rencontre du 3e type, Les Aventuriers de l’Arche perdue, Jurassic Park, La Guerre des Mondes ou Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne. Avec de tels films au compteur, rien d’étonnant à ce que Steven Spielberg ait pris en main l’adaptation du roman d’Ernest Cline, un récit de science-fiction blindé de références à la pop culture des années 1980/1990, et notamment aux œuvres de Spielberg et de sa société de production : Amblin Entertainment.

À l’heure où la plupart des œuvres sérielles comme cinématographiques piochent dans la pop culture des années 1980 et 1990 – créant de fait un phénomène de culture doudou – nous étions en droit de nous demander comment le fondateur des plus grands mythes de notre génération allait prendre en main ce matériel. Allait-il créer une sorte de monstre de Frankenstein ou développer une réelle vision d’auteur au milieu de ce gloubi-boulga de références pop ?

Une réussite sur tous les plans, doublée d’une véritable vision d’auteur !

Au final, Spielberg arrive à balayer toutes ces craintes en un revers de main ! Là où le roman de Cline appuyait sans cesse ses références, Spielberg fait le choix de les passer sous silence. Certes, elles font partie du background et il nous arrivera de croiser des personnages de Halo ou d’Overwatch au cours d’une ou deux séquences, cependant, Spielberg ne nous fait pas l’affront de s’attarder sur ceux-ci, préférant les laisser dans le paysage, métaphorisant de fait un paysage culturel commun. Nous avons tous ces références, pourquoi nous attarder dessus ? Alors certes, le film peut parfois prendre l’aspect d’un immense « Où est Charlie ? » où l’idée serait de trouver telle ou telle référence dans chaque plan, cependant là n’est pas le propos du film.

Spielberg arrive ici à installer sa vraie vision d’auteur dans l’adaptation d’une œuvre dont il n’est même pas le créateur. On retrouve ainsi les thématiques de l’homme se prenant pour Dieu (cf. Jurassic Park et Le Monde perdu), l’absence de figure parentale (cf. toute la filmographie de Spielberg), les instants de pure comédie (cf.Attrape-moi si tu peux ou Le Terminal), ainsi que des séquences de bravoures à la pelle. Spielberg en profite même pour rendre hommage à l’un de ses maîtres, Stanley Kubrick, dans une séquence hommage à Shining !

Au final, il ne fait aucun doute que Ready Player One fera date dans la filmographie de Steven Spielberg. À la fois aboutissement du travail technique entamé avec Le Secret de la Licorne, le film est également un tour de force narratif, faisant fi d’une histoire simpliste pour distiller un véritable message d’auteur dont seul Spielberg a le secret. Un film que j’aurais plaisir à revoir, au même titre qu’un Jurassic Park, E.T. ou Indiana Jones !   

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