Critique de Batman V. Superman : la justice est en marche !
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Huit ans que la fièvre des films de super-héros a gagné Hollywood et que Marvel règne en maitre du genre. DC Comics, maison mère de Batman et Superman s’en est longtemps tenue à l’écart préférant capitaliser sur des films plus sombres et psychologiques. Or en 2013, et en réponse au succès du Marvel Cinematic Universe, DC Comics et Warner lance leur propre univers avec Man of Steel.

Et voilà que trois ans après, sort sa suite : Batman v. Superman, sous-titré, Dawn of Justice. L’intention est claire : mener nos héros à se réunir dans un film chorale : Justice League !

Un film aux antipodes du genre !

Batman v. Superman est l’inverse de Man of Steel. Là où le premier volet se voulait grandiloquent et épique, sa suite est très posée et offre un traitement très intimiste de ses personnages.

On assiste donc au combat que se livre les deux héros. Superman étant un réfugié à qui l’on reproche son rôle de sauveur. Et Batman, un justicier violent fortement décrié. Les deux personnages seront amenés à s’affronter sous l’oeil amusé de Lex Luthor, l’antagoniste principal du film.

Si je devais mettre en avant le principal problème du film, ce serait son titre : une véritable tromperie ! On pourrait en effet s’attendre à un choc de titans : « l’homme contre Dieu ». Or on assiste à un combat idéologique, abordant des thèmes forts tels que la politique, l’immigration, la violence propre à notre société et le traumatisme des attentats.
On pourrait aussi critiquer une narration assez décousue. En effet, aussi appréciables qu’elles soient, les thèmatiques du film sont si nombreuses qu’il a parfois tendance à s’embourber. Un mal pour un bien tant le propos du film est fort !

batman v superman

Zach Snyder à son meilleur !

Vous l’aurez compris, les films DC c’est du sérieux ! Et ça se voit jusque dans la réalisation. Zack Snyder nous offre une photographie à couper le souffle, des visuels d’anthologie et ce dès la séquence d’ouverture avec l’assassinat des parents Wayne. Une scène vue et revue, mais qui ici prend une dimension particulièrement dramatique et poétique.

Les acteurs sont pour la plupart excellents. Henry Cavill nous offre un Superman très torturé. Ben Affleck est un excellent Batman, si ce n’est (et je n’ai pas peur de le dire) le meilleur… OUIIIII !!! Quant à Jesse Eisenberg, il nous sert un Lex Luthor haut en couleur, un vrai Mark Zuckerberg sous LSD. A noter la présence au casting de Gal Godot en Wonder Woman un premier essai dans le costume de l’amazone avant un film solo qui s’annonce prometteur.

Et comment ne pas aborder ce film sans parler de la bande originale ! Composé par Dieu… euh pardon Hans Zimmer avec le concours de Junkie XL, ce score contient de véritables perles telles que Beautiful Lie, thème d’ouverture du film, plein de gravité et de mélancolie.

batman v superman

Au final Batman v. Superman est une excellente surprise. Proposant un affrontement plus idéologique que physique, le film fait véritablement honneur à ses personnages. Abordant des thèmes très sérieux et forts, inhérents à notre société actuelle, le film sait impliquer son spectateur dans son propos. Contrairement à ce que le titre du film pourrait laisser entendre, il n’est pas question de prendre parti pour l’un ou l’autre superhéros. Il est plus question de montrer l’altercation de deux aspects de la société américaine. L’une interventionniste, l’autre repliée sur elle-même.

Je conclurai sur une citation de Michael Caine qui résume bien la dualité de ses deux héros :

Si Superman, c’est l’Amérique telle qu’elle se voit, Batman, c’est l’Amérique telle qu’elle est vue dans le reste du monde.