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Mois : novembre 2018

Bohemian Rhapsody : le biopic de Queen mérite-t-il autant d’éloges ?

Bohemian Rhapsody est un bon film. Cela peut paraître gros de commencer cette critique de Bohemian Rhapsody, car ce constat en forme de conclusion, mais c’est pourtant vrai : Bohemian Rhapsody…

Bohemian Rhapsody est un bon film. Cela peut paraître gros de commencer cette critique de Bohemian Rhapsody, car ce constat en forme de conclusion, mais c’est pourtant vrai : Bohemian Rhapsody est un bon film. Seulement voilà, il n’y a qu’à faire un tour sur les réseaux sociaux et les sites spécialisés pour se rendre compte que cette perception du film n’est pas unanime. Certes, à l’heure où j’écris ces quelques lignes, le film culmine à 4,7/5 sur Allociné (ce qui en fait le film le mieux noté de la plateforme), mais certains irréductibles s’insurgent contre cette réception dithyrambique. Rassurez-vous, je n’en ferai pas partie. Non, dans cette critique de Bohemian Rhapsody, j’avais envie de souligner la réussite de ce film, mais également de m’interroger sur la réception critique de celui-ci et ce qu’elle peut avoir de négatif sur l’expérience des spectateurs en salle. Vous êtes prêts ? Je vous dis tout !

Bohemian Rhapsody : de quoi ça parle ?

Pour bien démarrer cette critique de Bohemian Rhapsody, il fallait bien commencer par son pitch. Le film raconte donc l’histoire du groupe Queen, de sa création jusqu’à son apogée lors du concert du Live Aid le 13 juillet 1985. Toute l’histoire est suivie du point de vue de Freddie Mercury, interprété par Rami Malek, alors simple fils d’immigrés Parsis, qui se découvre au fil des années à la fois leader de groupe, artiste de génie et star adulée de la planète entière. Le film retrace ainsi pendant près de 2h30 la naissance du groupe, la vie de Freddie Mercury, ainsi que la création des plus grands tubes du groupe au rang desquels figurent des chefs-d’œuvre tels que Another One Bites The Dust, We Will Rock You ou encore celui qui donne son nom au film Bohemian Rhapsody.

Des problèmes de vision et de production !

Ce qu’il y a d’intéressant dans ce biopic, c’est qu’il suscitait beaucoup d’attente, et ce, dès les balbutiements du projet. En effet, avec Bryan Singer à la réalisation, réalisateur homosexuel revendiqué, on pouvait s’attendre à un film très axé sur Freddie Mercury, l’icône gay, plutôt que sur le groupe lui-même. Or, le film est également coproduit par Brian May et Roger Taylor, les deux derniers membres du groupe qui, dès les prémices du projet en 2010, souhaitaient construire le film autour de Queen, plutôt qu’autour du personnage de Freddie Mercury. Conflit de production, problèmes de réalisation ou accusation de harcèlement post #MeToo, personne ne le sait, mais Bryan Singer n’a pas pu finir la réalisation de son film. Certes, il reviendra pour le montage, mais c’est bien Dexter Fletcher qui finira le tournage amputant le film de quelques scènes clés prévues à la base par Bryan Singer. 

Un très grand film porté par une narration et un casting de qualité

Avec autant de problèmes de production, que reste-t-il de Bohemian Rhapsody ? Et bien beaucoup de choses. Et surtout du bon ! En effet, Bohemian Rhapsody est un très bon biopic sur l’histoire de Queen. Mais qu’est-ce qu’un bon biopic me direz-vous ? Et bien pour moi, un bon biopic, c’est un film qui arrive à intéresser le spectateur à un récit qui ne lui est a priori pas familier. Et de ce point de vue, Bohemian Rhapsody réussi tout ce qu’il entreprend.

Il nous présente des personnages très attachants ayant chacun leur force et leur faiblesse, mais c’est bien au travers de Freddie Mercury et de son parcours que le film excelle. On y suit l’évolution de l’artiste, véritable génie de la pop culture années 1970, qui passe le film à essayer de faire oublier Farrokh Bulsara pour faire émerger sa nouvelle identité : Freddie Mercury.  Si le film ne s’attarde pas tant sur la sexualité débridée de Freddie Mercury, ou sur la question encore plus épineuse de sa contraction du SIDA (bien qu’il l’évoque à de nombreuses reprises), c’est pour mieux rebondir sur la vie du groupe Queen, de sa construction, aux rapports qu’entretient Freddie Mercury avec chacun des membres, tout en passant sur l’alchimie qui lie ces hommes, auteurs des plus grands tubes des années 1970/1980.

Bohemian Rhaposody est-il exempt de défaut ?

Je dois vous faire un aveu : j’aime Queen. Genre beaucoup ! Cela fausse-t-il la réception que j’ai du film ? Peut-être. Cela m’empêche-t-il de voir les défauts que l’on peut lui reprocher ? Certainement pas. 

Car oui, le film n’est pas exempt de défaut. Ainsi, j’ai eu peine à croire que l’histoire de Queen n’ait pas été plus émaillée de clash ou de moments de doute. Certes le film en montre, mais globalement l’histoire du groupe semble se dérouler sur des rails, comme si tout avait été simple et que seul Freddie Mercury endossait le rôle du dépravé de la bande. Et là encore, la dépravation n’est que suggérée. Comme je l’ai dit plus tôt, avec Bryan Singer à la réalisation, on pouvait s’attendre à un biopic un peu plus sulfureux sur la vie sexuelle de Freddie Mercury. Cependant, ce n’est pas le cas. Cet aspect n’est que suggéré et son rôle d’icône gay à l’ère des ravages du SIDA n’est qu’à peine esquissé.

Un cas typique de la pop culture à l’ère d’internet !

Le véritable problème avec la réception du film Queen ne vient pas du film en lui-même, mais plutôt des spectateurs. En effet, avec autant d’attentes entourant le projet de ce biopic, et la promotion affolante qui a entouré la sortie du film, chaque spectateur a pu se faire une idée de ce qu’allait être le film avant d’aller le voir. C’est un problème assez récurant à l’ère d’internet et des réseaux sociaux. L’actualité de ces films fait les gros titres et les médias ne cessent de faire monter la sauce dans l’espoir d’agréger de l’audience.

Dans le cas de Bohemian Rhapsody, il se peut même que ce soit la 20th Century Fox elle-même qui soit à l’origine de ce trop-plein de promotion altérant ainsi le jugement du film par le grand public.

Alors certes, le film est bon, mais mérite-t-il son 4,7/5 sur Allociné ? Est-il meilleur que Le Parrain ou La Liste de Schindler ? Ce sont les questions que se pose Internet. Mais je pense que ce sont de mauvaises questions.

Prenons l’exemple d’Avengers Infinity War sorti en mai dernier. Le film a lui aussi beaucoup fait parler de lui sur les réseaux sociaux et dans les médias. Engrangeant une audience considérable en salle et des critiques elles-mêmes dithyrambiques sur les sites spécialisés.  Nous sommes à l’ère des réseaux sociaux, et il devient urgent de s’interroger sur le rapport qui nous unit aux films que nous regardons. Les films que nous voyons sont-ils bons ou sont-ils marketés pour nous paraître bons ? Sommes-nous encore à même de fournir un jugement objectif de ce qu’est un bon film ? 

Pour ma part, je considère Bohemian Rhapsody comme très bon. Cela ne m’empêche pas de lui trouver des défauts et d’avoir conscience de son aspect « film pensé pour le public », mais toujours est-il qu’il fonctionne sur moi. J’ai ressenti des émotions, j’ai vibré avec les personnages, j’ai ri avec eux et j’ai été transporté par l’histoire. Je vous conseille donc vraiment le visionnage de ce film et je vous remercie pour votre lecture de ma critique de Bohemian Rhapsody. À très vite !

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