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Mois : mars 2018

Ready Player One : une synthèse du Spielberg entertainer !

Profitant du week-end pascal, je suis allé découvrir en salle, le tout dernier film de Steven Spielberg, Ready Player One, adaptation du roman de science-fiction écrit par Ernest Cline. Un…

Profitant du week-end pascal, je suis allé découvrir en salle, le tout dernier film de Steven Spielberg, Ready Player One, adaptation du roman de science-fiction écrit par Ernest Cline. Un film important dans la filmographie de Steven Spielberg, tant au niveau technique que symbolique. Je vous en parle !

Ready Player One : de quoi ça parle ?

Ready Player One raconte l’histoire de Wade, un jeune homme vivant à Colombus dans l’Ohio, en l’an 2045. Dans ce futur dystopique, l’humanité est frappée par de nombreuses crises, économiques comme écologiques. Pour échapper à ce quotidien morose, les humains s’évadent dans un monde virtuel, l’OASIS, une sorte de monde parallèle où les joueurs vivent des aventures folles sous la forme d’avatars.

L’histoire commence à la mort de James Halliday, créateur légendaire de l’OASIS. Alors que le monde pleure le décès du génie prolifique, son avatar virtuel dévoile que Halliday a caché 3 clefs dans l’OASIS menant à l’Easter Egg du jeu. Un œuf de Pâques octroyant à la personne qui réussit à le trouver une fortune de 500 milliards de dollars !

Nous suivons donc les aventures de Wade, sous son avatar Parzival, et de ses compagnons joueurs, dans leur quête de l’Easter Egg ultime de l’OASIS. Ils rencontreront de nombreux obstacles lors de leur quête, et notamment la multinationale IOI et son PDG, Nolan Sorrento !

Un concept fort, taillé pour Spielberg !

Vous l’aurez compris, le pitch de Ready Player One est taillé pour le pur divertissement ! Et le divertissement, c’est justement le fer-de-lance de Steven Spielberg ! Tout au long de sa carrière, celui qu’on appelle à Hollywood le pape de l’Entertainment, aura su conjuguer sa vision d’auteur et son amour du grand spectacle, pour nous pondre des chefs-d’œuvre tels que Rencontre du 3e type, Les Aventuriers de l’Arche perdue, Jurassic Park, La Guerre des Mondes ou Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne. Avec de tels films au compteur, rien d’étonnant à ce que Steven Spielberg ait pris en main l’adaptation du roman d’Ernest Cline, un récit de science-fiction blindé de références à la pop culture des années 1980/1990, et notamment aux œuvres de Spielberg et de sa société de production : Amblin Entertainment.

À l’heure où la plupart des œuvres sérielles comme cinématographiques piochent dans la pop culture des années 1980 et 1990 – créant de fait un phénomène de culture doudou – nous étions en droit de nous demander comment le fondateur des plus grands mythes de notre génération allait prendre en main ce matériel. Allait-il créer une sorte de monstre de Frankenstein ou développer une réelle vision d’auteur au milieu de ce gloubi-boulga de références pop ?

Une réussite sur tous les plans, doublée d’une véritable vision d’auteur !

Au final, Spielberg arrive à balayer toutes ces craintes en un revers de main ! Là où le roman de Cline appuyait sans cesse ses références, Spielberg fait le choix de les passer sous silence. Certes, elles font partie du background et il nous arrivera de croiser des personnages de Halo ou d’Overwatch au cours d’une ou deux séquences, cependant, Spielberg ne nous fait pas l’affront de s’attarder sur ceux-ci, préférant les laisser dans le paysage, métaphorisant de fait un paysage culturel commun. Nous avons tous ces références, pourquoi nous attarder dessus ? Alors certes, le film peut parfois prendre l’aspect d’un immense « Où est Charlie ? » où l’idée serait de trouver telle ou telle référence dans chaque plan, cependant là n’est pas le propos du film.

Spielberg arrive ici à installer sa vraie vision d’auteur dans l’adaptation d’une œuvre dont il n’est même pas le créateur. On retrouve ainsi les thématiques de l’homme se prenant pour Dieu (cf. Jurassic Park et Le Monde perdu), l’absence de figure parentale (cf. toute la filmographie de Spielberg), les instants de pure comédie (cf.Attrape-moi si tu peux ou Le Terminal), ainsi que des séquences de bravoures à la pelle. Spielberg en profite même pour rendre hommage à l’un de ses maîtres, Stanley Kubrick, dans une séquence hommage à Shining !

Au final, il ne fait aucun doute que Ready Player One fera date dans la filmographie de Steven Spielberg. À la fois aboutissement du travail technique entamé avec Le Secret de la Licorne, le film est également un tour de force narratif, faisant fi d’une histoire simpliste pour distiller un véritable message d’auteur dont seul Spielberg a le secret. Un film que j’aurais plaisir à revoir, au même titre qu’un Jurassic Park, E.T. ou Indiana Jones !   

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Tout le monde debout : une surprise nommée Dubosc !

Hier soir, j’ai eu l’occasion de découvrir sur grand écran la dernière comédie populaire de Franck Dubosc : Tout le monde debout. Non pas que je sois un grand fan du…

Hier soir, j’ai eu l’occasion de découvrir sur grand écran la dernière comédie populaire de Franck Dubosc : Tout le monde debout. Non pas que je sois un grand fan du personnage, j’ai toujours été intrigué par l’homme qui, derrière son habit de clown, semble cacher une personne touchante et vraie. Sous l’impulsion de ma moitié, j’ai donc cédé à l’appel du grand Steven Spielberg et de son Ready Player One pour privilégier une comédie populaire dont les retours dithyrambiques commençaient à m’intriguer. Verdict à la fin de cet article !

Tout le monde debout : une intrigue classique, un twist génial !

Tout le monde debout raconte l’histoire de Jocelyn, un cadre supérieur travaillant pour une marque de chaussure et dont la principale particularité est d’être un immense mythomane, doublé d’un sacré Don Juan. Plus que l’amour, ce que recherche Jocelyn, ce sont les coups d’un soir, les histoires sans lendemain, saupoudrées de mensonges, car comme il le dit si bien, il aime jouer des personnages. Seulement, à la suite d’un immense quiproquo, où Jocelyn se fait passer pour paraplégique, il croise la route de Florence (interprétée par Alexandra Lamy) une véritable paraplégique dont il tombe amoureux. Comment avouer à la femme qu’il aime qu’il n’est pas handicapé, mais un menteur éhonté ? C’est la question à laquelle doit répondre le personnage de Franck Dubosc !

Vous l’aurez compris, au vu de ce pitch, le film semble être plus taillé pour un téléfilm TF1 que pour le grand écran, cependant là où le film surprend et dans le bon sens du terme, c’est lorsque le rapport de force entre les personnages s’inverse. En effet, pendant tout le film, nous suivons les tribulations de Franck Dubosc, aux prises avec son mensonge et qui cherche par tous les moyens de se dépêtrer de sa situation sans faire du mal au personnage d’Alexandra Lamy. Ses amis, interprétés par l’excellent Gérard Darmon et la non moins excellente Elsa Zylberstein, ne cessent de lui répéter « Ce n’est pas bien ce que tu fais ! », donnant l’impression que Jocelyn à l’ascendant sur Florence, faisant du personnage d’Alexandra Lamy une victime de cette machination.

Or, au 2/3 du film, ce rapport de force se retourne lors d’un twist scénaristique : Florence sait depuis le début que Jocelyn n’est pas paraplégique, elle aime juste prendre du bon temps avec lui parce que selon ses dires, il la regarde comme une femme, pas comme une handicapée ». On se retrouve alors dans une situation de l’arroseur-arrosé, très formelle scénaristiquement parlant, mais qui fait énormément de bien à un film traitant d’une problématique sociétale : le handicap.

Le spectateur pris à son propre jeu !

Si ce twist, en apparence convenu, fonctionne aussi bien, c’est aussi en grande partie grâce au rapport de force que le film tient avec ses spectateurs. En effet, mon petit doigt m’a dit lorsque Franck Dubosc entreprend la réalisation et l’écriture de ce film, il n’est pas dupe : il sait qu’une majorité du public va voir ses films avec certaines attentes, notamment celle de voir son classique personnage de charmeur-connard, un personnage qu’on peut retrouver dans Camping, Disco ou encore Bienvenue à Bord. Des films à la structure scénaristique cousue de fil blanc et qui sont calibrés pour devenir instantanément des comédies populaires. De fait, lors du visionnage de Tout le monde debout, le spectateur s’attend à cela, un personnage connard sur les bords qui tente de séduire une jolie demoiselle un peu naïve, elle se rend compte que c’est un connard, moment drama et BIM elle se rend compte qu’il est quand même drôle et gentil et ils finissent ensemble. Le spectateur est donc surpris et, lui qui, passez-moi l’expression, pouvait prendre le film pour un con, se retrouve ici clouer à son siège tant le scénario prend d’un coup une profondeur jusqu’ici insoupçonnée.

Dans Tout le monde debout, on apprend que le personnage d’Alexandra Lamy a le dessus sur celui de Franck Dubosc depuis le début et que c’est elle qui le mène en bateau depuis le début. Lui qui se trouve égoïste, misogyne, et mythomane, qui n’arrive pas à se regarder dans une glace tant il se déteste, se retrouve ici empêtré dans son plus gros mensonge, sous l’œil amusé d’Alexandra Lamy.

Tout le monde debout : le meilleur rôle de Franck Dubosc ?

Passée la surprise de cette séance plus qu’agréable, j’en viens à me poser la question : n’a-t-on pas vu Franck Dubosc dans son meilleur rôle ? A mon avis, la réponse est oui ! Tout le monde debout est un film très personnel pour l’ami Dubosc, lui qui a toujours joué ce qu’on lui donnait, lui qui a toujours donné l’image du séducteur-looser en plus de 20 ans de carrière vient enfin de trouver un rôle à sa convenance, un rôle qu’il s’est lui-même écrit, un film qu’il a lui-même réalisé, un geste d’artiste comme pour dire : regardez ce que je peux faire ! Je peux faire rire, je peux émouvoir, je ne suis pas le séducteur-looser auquel vous pensez, je suis aussi un artiste de talent, un grand comédien et je mérite mieux que ce qu’on me donne ! Une sorte de cri de ralliement qui ne peut que me parler, moi qui aime les artistes autant que leurs œuvres. Un appel que je rapprocherai de celui de Jim Carrey, qui dans le fabuleux documentaire Jim & Andy semblait dire qu’il se sentait enfermé depuis des années dans des rôles type de clown à la The Mask ou Bruce Tout Puissant, quand le véritable Jim Carey aspirait à des rôles plus dramatiques à la Truman Show ou Eternal Sunshine of the Spotless Mind. De là à dire que Franck Dubosc est le Jim Carrey français ? Il n’y a qu’un pas !

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