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Joker : du rire aux armes !

Grand méchant de comic book par excellence, le personnage du Joker a permis de révéler d’immenses talents d’acteurs sur grand écran. Exception faite du Joker de Jared Leto, ces trente…

Grand méchant de comic book par excellence, le personnage du Joker a permis de révéler d’immenses talents d’acteurs sur grand écran. Exception faite du Joker de Jared Leto, ces trente dernières années ont ainsi vu se succéder des génies tels que Jack Nicholson, le regretté Heith Ledger, ou encore Mark Hamil dans les versions animées et vidéoludiques du personnage. En révélant la mise en chantier, en 2017, d’un film dédié au Joker, les studios Warner ont suscité beaucoup de curiosité de la part des spectateurs. Alors lancé dans la construction de son univers cinématographique avec Batman v. Superman et Justice League, Warner faisait ici le choix incongru de pondre un film hors-continuité, laissant ainsi toute liberté artistique aux cinéastes impliqués dans le projet. Efforts payants ou simple effet d’esbroufe ? La réponse dans cette critique ! 

Joker : de quoi ça parle ?

Joker raconte la longue descente aux enfers du personnage d’Arthur Fleck, quadragénaire dépressif vivant à Gotham City, une ville rongée par la violence. Fasciné par le monde du spectacle, Arthur Fleck tente de se construire une carrière en tant que clown et acteur de stand-up. Un soir, alors qu’il rentre d’une journée difficile dans son costume bariolé, il se fait agresser par trois jeunes traders dans le métro. Face à la violence des coups, Arthur réplique et commet un triple homicide. Tout d’abord traumatisé par son geste, Arthur comprend vite la résonnance de son acte dans la grogne populaire qui ronge la ville de Gotham. Il épouse alors cette figure de clown justicier, jusqu’à se transformer en dangereux psychopathe.

Un film compliqué à digérer…

Joker est l’un des films les plus difficiles à analyser de cette année 2019. L’abatage médiatique dont il a fait l’objet, couplé au Lion d’or qu’il a remporté à la Mostra de Venise, oblige le cinéphile que je suis à prendre du recul avant de coucher ces quelques lignes sur mon blog.

Le propos du film et son exécution sont tellement à contre-courant du cinéma de divertissement actuel qu’ils demandent un certain laps de temps afin d’être digérés.

Faisant partie des premiers spectateurs à l’avoir découvert en salle, je me suis pris le film comme un uppercut dans le ventre. Tout d’abord incapable de trouver le moindre défaut au film, j’ai dû laisser le film murir dans mon esprit afin d’en comprendre le sens, sa force, mais aussi ses travers. Car oui, le film n’est pas exempt de défauts et si les siens sont rares, ils restent assez criants pour laisser le spectateur lambda, comme le cinéphile exigent, de côté.

Une mise en scène et une interprétation au diapason !

Commençons d’abord par les qualités du film, et s’il y en a une qui saute aux yeux, c’est bien sa photographie. On entend un peu partout que Todd Philips est un réalisateur médiocre, cantonné à des comédies potaches à la réalisation de bas étage, mais force est de constater que derrière l’amuseur public se cachait un véritable esthète. Très attaché à retranscrire sa vision d’un Gotham City crasseux et violent, le réalisateur s’est associé à son directeur photo et ami Lawrence Sher. En découle une photographie très soignée et un soin du cadre inédit dans la filmographie du réalisateur.

Couplée à la musique de la compositrice islandaise Hildur Guðnadóttir, la mise en scène s’attache à retranscrire la descente aux enfers du personnage d’Arthur Fleck et l’éclosion de sa folie meurtrière.

Là où le film met la majorité des spectateurs d’accords, c’est sur la qualité de l’interprétation de Joachin Phoenix. Un choix de casting évident tant l’acteur offre une palette de jeu variée, capable de camper les plus incroyables salauds (Gladiator de Ridley Scott), mais aussi les vrais gentils (Her de Spike Jonze). Phoenix arrive ainsi à insuffler sa propre vision du personnage, loin du génie du crime à la Nicholson ou du terroriste anarchiste de Ledger. 

Le Joker de ce film est ainsi plus proche de la figure du clown triste ; un acteur raté devenant accidentellement l’icône d’une société malade en quête de révolte.

L’ambiguïté de Joker, résumé en une seule scène !

A mes yeux, toute la force du film se résume en une scène : le meurtre de Randall dans l’appartement d’Arthur. Inéluctable, mais non moins traumatisante, cette scène traduit à elle seule l’esprit du personnage du Joker : imprégné de violence, mais aussi foncièrement drôle. Le gag du loquet conclut une séquence traumatisante par un rire mêlé de nervosité, un sentiment de malaise palpable qui restera gravé dans ma mémoire de cinéphile. 

Un scénario fort… mais sans surprise…

En inscrivant la naissance du Joker dans le contexte des crises sociales des années 1980, Todd Philips et son scénariste Scott Silver menaient une double croisade : rendre hommage au cinéma de Martin Scorsese, mais aussi faire écho aux mouvements sociaux actuels tels que le Brexit ou les Gilets Jaunes.

Le problème de cette double note d’intention est qu’elle bride l’ambition politique du film qui aurait gagné à se dérouler à notre époque. En situant l’action au tout début des années 1980, le film crée une distance avec le quotidien du spectateur et seuls les plus attentifs (ou les plus politisés) percevront ce parallèle entre les crises de Gotham montrées dans le film et les crises sociales actuelles.

Ce souci d’hommage au cinéma de Martin Scorsese pose également un problème scénaristique de taille : le film n’est jamais surprenant. Au contraire, certains hommages sont tellement appuyés que l’on pourrait même reprocher au film d’être un décalque complet de la trame de Taxi Driver et de la Valse des Pantins.

Le film s’offre même le luxe d’un discours nihiliste à la Fight Club, ainsi qu’un twist qui, s’il a marché sur moi et me poussera certainement à le revoir, rattache Joker à tout un pan du cinéma adolescent des années 2000.

Joker peut ainsi être résumé en un gros melting-pot d’influences réunies pour servir le portrait d’un bad guy emblématique de la culture populaire.

Pour conclure, je recommande tout de même grandement le visionnage de ce Joker à la sauce Todd Philips. Le film reste un excellent thriller dramatique porté par une interprétation impeccable et une réalisation léchée. Reste le problème de la réception du film et de ces ambitions / conséquences politiques car s’il peut apparaitre complaisant avec la violence de son personnage et des causes qu’il véhicule, il n’en reste pas moins un formidable vecteur de débats, comme en témoigne les avis divergents qu’il suscite, tant dans les grands médias que sur internet. 

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Une journée de pluie à New York : Woody Allen de retour à Manhattan

Sans être le plus grand fan des films de Woody Allen, je dois admettre me laisser facilement emporter par ces derniers films. Qu’il s’agisse du sympathique Scoop, du cynique Match…

Sans être le plus grand fan des films de Woody Allen, je dois admettre me laisser facilement emporter par ces derniers films. Qu’il s’agisse du sympathique Scoop, du cynique Match Point ou du naïf Minuit à Paris, ces derniers métrages tranchaient avec le reste de sa filmographie, prenant notamment place dans de grandes métropoles européennes. Cette parenthèse semble belle et bien fermée pour Allen qui retourne à ses premiers amours avec Café Society et Wonder Wheel, deux films prenant place à New York. C’est une nouvelle fois le cas cette année avec Une journée de pluie à New York contant les sympathiques tribulations d’un jeune couple d’étudiants dans le Manhattan bourgeois. 

Une journée de pluie à New York : de quoi ça parle ?

Une journée de pluie à New York raconte les tribulations d’un jeune couple d’étudiants en art, partis passer le week-end à Manhattan. Gatsby, dont la famille est originaire de New York, accompagne ainsi sa petite amie Ashleigh chargée d’interviewer un réalisateur de films d’auteur pour le journal de la Fac. Si le jeune couple avait prévu plusieurs activités à l’occasion de ce week-end, rien ne va se passer comme prévu.

Une peinture acerbe de la bourgeoisie new yorkaise

Pour son grand retour à Manhattan, Woody Allen choisi de dépeindre une certaine idée de la bourgeoisie new yorkaise. Loin de nous présenter des trentenaires dépressifs comme à l’accoutumé, le réalisateur et scénariste met en scène des étudiants dans la fleur de l’âge. Si à première vue ces nouveaux personnages semblent n’être caractérisés que par leur fougue et leur naïveté, on retrouve très vite des traits typiques des personnages de l’univers Allen. Le jeune Gatsby peut ainsi être rapproché des personnages principaux de Annie Hall, Match Point et Minuit à Paris puisqu’il est clairement présenté par son statut social et sa réussite amoureuse, mais semble souffrir d’un mal-être inexplicable qu’il met volontiers sur le dos des autres. Son parcours le mène à rencontrer plusieurs personnages dans New York, tous gravitant autour de l’univers bourgeois des cinéastes, musiciens et autres financiers de Manhattan.

Un film drôle mais pointu

Si Une journée de pluie à New York est clairement porté par son casting et la galerie de personnages qu’il présente, il peut s’avérer un peu pointu pour le commun des mortels. En effet, comme il en a l’habitude, Woody Allen n’hésite pas à parsemer son film de références pointues liées ici au cinéma d’auteur indépendant des années 1950, ou de la musique Jazz new-yorkaise. Si ces références sont consciemment utilisées afin d’illustrer le décalage des personnages par rapport à leur époque et la culture de masse, elles peuvent à juste titre effrayer bon nombre de spectateurs peu habitués à subir de plein fouet ce flot incessant de culture élitiste.

J’ai moi-même été perdu en tout début de film avant de me laisser emporter par cette histoire de jeune adulte paumé dans la jungle new-yorkaise.En définitif, Une journée de pluie à New-York n’est pas le film le plus marquant de son réalisateur. Il pèche d’un manque d’accessibilité, mais est sauvé par la qualité de son interprétation et de son scénario alternant dialogues ciselés et situations comiques. 

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Deux Moi : le retour du grand Cédric Klapish

Révélé par le Péril Jeune et connu à l’international pour sa trilogie de l’Auberge espagnole, les Poupées russes et Casse-tête chinois, Cédric Klapish est l’un des réalisateurs les plus influents…

Révélé par le Péril Jeune et connu à l’international pour sa trilogie de l’Auberge espagnole, les Poupées russes et Casse-tête chinois, Cédric Klapish est l’un des réalisateurs les plus influents du cinéma français. Excellent dialoguiste, il arrive à mettre en scène l’absurdité du quotidien tout en parlant au cœur des spectateurs. Après un crochet par la télévision avec la série Dix pour cent, Klapish revient au cinéma avec Deux Moi, une comédie dramatique percutante mettant en scène une certaine idée de la jeunesse française partagée entre ses rêves et sa profonde solitude. 

Deux Moi : de quoi ça parle ?

Deux Moi met en scène le destin de Rémy et Mélanie, deux trentenaires interprétés par François Civil et Ana Girardot. Si chacun semble vivre une vie opposée l’un de l’autre, ils se retrouvent toutefois à travers leur solitude.

En effet, alors que la première partie du film s’attache à nous décrire leur quotidien, tout semble être rattaché à un sentiment global de morosité et de profonde tristesse. Tous deux sont suivis par des psychothérapeutes, campés par François Berléand et Camille Cottin, qui tentent, tant bien que mal, de les aider à sortir la tête de l’eau.

C’est bien sûr sans compter l’enjeu des réseaux sociaux dans leur vie, à la fois moteur de socialisation, mais aussi objet de leur solitude.

L’énième portrait d’une jeunesse sacrifiée ?

Si le pitch de départ de Deux Moi ne semble pas faire preuve d’originalité, on doit toutefois attribuer le bénéfice du doute à Cédric Klapish. En effet, en 25 ans de carrière, il est l’un des seuls réalisateurs français à avoir su capter le pouls de la jeunesse… celle des années 1990 autant que celle des années 2000. On pouvait toutefois craindre une énième redite sur le thème de la jeunesse sacrifiée, mais ce n’est surprenamment pas le cas. En effet, bien loin de la condescendance que l’on pouvait craindre de la part d’un film sur la jeunesse des années 2010, Klapish pose un regard plein de tendresse sur ses personnages de trentenaires désabusés. Il prend d’ailleurs le temps d’installer leurs dilemmes autant que leur environnement. Jamais le spectateur ne s’ennuie ou se perd dans les méandres psychologiques de ses personnages. Le temps d’écran est lui aussi excellemment partagé puisque contre toute attente, Klapish ne verse pas dans une histoire d’amour facile. Durant toute l’histoire les personnages se croisent, se tournent autour, se manquent de peu, créant par la-même une attente chez le spectateur : celui de voir ses deux âmes sœurs se rencontrer pour soigner leurs maux mutuels. En découle une batterie de seconds rôles attachants tels que l’épicier Simon Abkarian, ou la collègue de bureau Eye Haïdara (déjà vue dans le Sens de la fête de Toledano et Nakache).

Au sujet de l’acting, François Civil s’inscrit désormais comme l’un des meilleurs acteurs de sa génération avec Vincent Lacoste, William Lebghil, Pierre Niney, mais aussi Joséphine Japy, Adèle Exarchopoulos et Ana Girardot.

Quelques fulgurances de réalisation !

Porté par l’écriture de ses personnages et le talent de ses acteurs, le film s’offre le luxe d’un twist en troisième acte. Assez rare en cinéma français, et encore plus dans ce genre de la comédie dramatique, ce procédé narratif parfaitement maîtrisé permet de révéler la raison du mal-être d’un des personnages principaux. En traitant d’un sujet grave et difficile, Klapish laisse la porte ouverte aux interprétations les plus intenses de ses acteurs. 

Le réalisateur s’offre également quelques scènes hallucinées permettant quelques fulgurances de réalisation. Au détour de scènes de rêves plutôt comiques, Cédric Klapish fait preuve d’un talent comique hérité de l’imagerie cartoon et théâtrale. Un régal pour les yeux, ainsi que pour les acteurs qui s’en donnent à cœur joie dans ces petites séquences propres au cabotinage. En définitif, je recommande sincèrement ce nouvel opus de la filmographie de Cédric Klapish. Plus sérieux, plus touchant et profondément humain, cette chronique sur la jeunesse des années 2010 est aussi réussie qu’émouvante. Comme à l’accoutumé, les acteurs du film sont au diapason et sont servis par des dialogues mordant. A voir ! 

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Parasite : une Palme d’Or brillantissime !

S’il était courant de croiser Bong Joon-ho lors des derniers Festivals de Cannes, le réalisateur sud-coréen n’avait jamais réussi à convaincre le jury cannois de lui décerner la Palme d’Or….

S’il était courant de croiser Bong Joon-ho lors des derniers Festivals de Cannes, le réalisateur sud-coréen n’avait jamais réussi à convaincre le jury cannois de lui décerner la Palme d’Or. C’est désormais chose faite avec Parasite, véritable réinvention du film de maison, aussi connu sous l’appellation anglo-saxonne de Home Invasion. Alors que vaut ce Parasite et que se cache-t-il derrière ce titre intriguant ? Ni plus ni moins qu’un chef-d’œuvre du cinéma de 2019 !

Parasite : de quoi ça parle ? 

Parasite met en scène les tribulations de la famille Kim dont le fils Ki-woo arrive à se faire embaucher comme professeur particulier chez la famille Park. Les Park font partie de la haute bourgeoisie coréenne et mènent une vie diamétralement opposée à celle des Kim dont les parents vivent du chômage. Fasciné par la richesse des Park, Ki-woo choisit de partager son privilège avec les membres de sa famille. C’est le début d’une descente aux enfers sur fond de lutte des classes. 

Une magnifique fresque familiale !

Bong Joon-ho est un formidable conteur d’histoire. Du polar noir au film de monstre, en passant par les récits de science-fiction, le réalisateur coréen a toujours aimé mettre en scène des familles dans un contexte de film de genre. Parasite ne déroge pas à cette règle, mais propose une vision bien plus terre à terre d’une famille faisant face à sa condition prolétaire.

J’avais été personnellement assez marqué par la famille dépeinte dans son précédent long-métrage The Host. Sorti en 2006, The Host mettait en scène une famille faisant face à la disparition d’une enfant, enlevée par une créature monstrueuse. Le film arrivait à montrer la difficulté du deuil, ainsi que l’absurdité des réactions qui en découle. 

Bong Joon-ho est ainsi spécialiste pour dépeindre des relations familiales authentiques et touchantes. Les familles présentées dans Parasite s’inscrivent parfaitement dans cette démarche d’auteur et arrivent à créer un attachement immédiat avec les spectateurs. L’ouverture du film, en forme de plan séquence, présente ainsi parfaitement les personnages, la façon dont ils se situent dans l’échelle sociale, ainsi que leur microcosme familial.

Une relecture de la lutte des classes sous forme de thriller psychologique !

Mais Parasite ne doit pas sa Palme d’Or à ses seuls personnages, c’est aussi une formidable réflexion sur la lutte des classes qui sévit dans nos sociétés capitalistes.

Toute l’obsession que nourrit la famille Kim envers la famille Park peut se lire comme une lutte contre le déterminisme social auquel ils doivent faire face quotidiennement. Le basculement de l’intrigue de la comédie vers l’horreur s’inscrit également dans cette réflexion sociale.

Le parti pris de présenter le film sous la forme d’un huis clos participe également à travailler une ambiance voyeuriste et malsaine des prolétaires envers les possédants. Les Kim parasitent les Park en s’immisçant dans leur vie, tandis que les Park parasitent l’esprit des Kim en les rendant envieux et dépendants.

Cette métaphore est également travaillée dans les décors du film puisque les riches vivent sur les hauteurs de la ville tandis que les pauvres vivent sous terre.

Une conclusion violente et sans concession !

Cette critique de Parasite n’a pas vocation à spoiler l’intrigue ou le twist du film, néanmoins il me paraissait important de souligner à quel point le film excelle dans sa bascule entre les genres de la comédie, du thriller et de l’horreur. Si Bong Joon-ho était jusqu’alors connu pour son goût du mélange des genres, il n’avait jamais atteint une telle maestria. 

Si The Host ou Okja pouvait mettre le spectateur mal à l’aise dans certaines scènes en jouant sur le registre de l’absurde, Parasite arrive à distiller sa drôlerie au cœur d’une intrigue grave et perverse.

La conclusion du film présente plusieurs scènes de violence, faisant suite à une succession d’événements tragiques. L’horreur trouve sa force dans la cathartique puisqu’après avoir attendu ce déluge de violence, le spectateur n’a pas d’autre choix que d’y faire face.

Bong Joon-ho met ainsi les spectateurs face à leurs responsabilités, tout en continuant à jouer sur leurs attentes. Le film propose ainsi plusieurs interprétations à sa toute fin et c’est au spectateur de choisir si les dernières répliques du film sonnent comme une happy end ou non.

Nul doute que Parasite restera dans l’histoire comme l’une des Palmes d’Or les plus marquantes du Festival de Cannes. Remportée à l’unanimité, celle-ci a permis au film de rencontrer un succès public, en plus d’un succès critique. Une consécration pour le réalisateur Bong Joon-ho qui se hisse parmi les plus grands cinéastes de notre époque, rappelant ainsi le succès du jeune Quentin Tarantino qui, en 1994, avait lui-même décroché une Palme d’Or pour Pulp Fiction.

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Avengers Endgame : conclusion parfaite du Marvel Cinematic Universe

En signant le terme d’une saga démarrée il y a 11 ans, Avengers Endgame s’inscrit comme un film majeur de cette année 2019. Cette conclusion très attendue par les cinéphiles…

En signant le terme d’une saga démarrée il y a 11 ans, Avengers Endgame s’inscrit comme un film majeur de cette année 2019. Cette conclusion très attendue par les cinéphiles et les amateurs de comic-books est l’un des plus blockbusters les plus importants jamais réalisés. Faisant suite au très bon Avengers Infinity War, Endgame se devait de clôturer plusieurs arcs narratifs propres aux héros, tout en offrant une conclusion satisfaisante à celle que l’on appelle désormais la Saga de l’Infinité.

Avengers Endgame : de quoi ça parle ? 

Avengers Endgame fait directement suite aux événements d’Avengers Infinity War. Après avoir mené son plan à exécution et décimé la moitié des êtres vivants de l’Univers, Thanos disparaît, laissant nos héros seuls face à leur échec. Si certains d’entre eux tentent de faire face, le retour d’Ant-Man du royaume quantique redonne espoir aux Avengers, bien décidé d’effacer cet événement tragique de l’Histoire de l’humanité.

Avengers Endgame : la formule Marvel à son paroxysme !

Si Endgame se présente comme une conclusion du Marvel Cinematic Universe, il propose également un condensé de ce qui fait l’identité de films de la série. En mélangeant parfaitement scènes d’actions, séquences dramatiques et dialogues ciselés teintés d’humour, Avengers Endgame s’inscrit comme la parfaite synthèse artistique du MCU. Souvent critiquée, mais jamais égalée, la formule Marvel aura en une décennie redéfinie ce que doivent être les films de super-héros. Certains films tels que Batman v. Superman ont tenté de proposer une vision plus mature du genre super héroïque, mais force est de constater que seule la formule MCU a pris auprès du public.

Une conclusion narrative attendue… mais surprenante !

Narrativement, le MCU est un ovni cinématographique. En alternant une narration épisodique à un style sériel, la Saga de l’Infinité a réussi un tour de force : nous faire découvrir et aimer des personnages, tout en les impliquant dans des enjeux qui les dépasse. Ainsi, nous avons pu nous attacher aux personnages d’Iron Man, Captain America et Thor dans leur trilogie respective, tout en les retrouvant mêlés à une saga plus grande : celle des Avengers.

Du fait de la popularité de ces héros au cinéma, et du succès retentissant des films Avengers, les studios Marvel et Disney ont toujours communiqué sur les contrats des acteurs. En sachant que certains d’entre eux arrivaient à leur terme, il était certain que nous assisterions à des conclusions narratives pour lesdits personnages.

Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Hackeye et Black Widow sont des personnages que nous suivons depuis près de 10 ans. Une longévité rare au cinéma et qui impliquait une fin contée ici dans Avengers Endgame.

Cette fin n’est pas parfaite : elle décevra certains spectateurs tatillons et n’étonnera pas les cinéphiles les plus attentifs au processus de production des films du MCU. En revanche, Avengers Endgame se distingue par un rythme de narration intéressant, alternant séquences d’action et d’humour efficaces avec de longues scènes dramatiques, bien mises en scènes et vendues par les acteurs. Je pense notamment à la scène pré-générique, à la découverte des villes laissées à l’abandon suite au passage de Thanos, sans oublier la conclusion du film qui ne laissera personne indifférent. 

Avengers Endgame est donc un film étonnant à bien des égards. En proposant une narration renouvelée tout en magnifiant les codes du Marvel Cinematic Universe, les frères Russo et les scénaristes Christopher Markus et Stephen McFeely proposent une conclusion parfaite à la Saga de l’Infinité. Un film qui peut parfaitement signer la fin du MCU, comme il laisse la porte ouverte à des nouvelles aventures. Un passage de flambeau artistique pour une nouvelle équipe d’artistes prêts à en découdre avec le genre super héroïque. AVENGERS ASSEMBLE !

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La Mule : testament de la légende Clint Eastwood

Après quelques errements cinématographiques, Clint Eastwood signe son grand retour en tant que réalisateur avec La Mule. Onze ans après l’excellent Gran Torino, Eastwood reprend son rôle de vieux réactionnaire,…

Après quelques errements cinématographiques, Clint Eastwood signe son grand retour en tant que réalisateur avec La Mule. Onze ans après l’excellent Gran Torino, Eastwood reprend son rôle de vieux réactionnaire, mais nous offre par la même occasion le portrait d’un homme en quête de rédemption. Son personnage de Earl Jones, très éloigné de ses rôles unidimensionnels, n’a jamais paru autant coller à la peau d’Eastwood. Tant et si bien que le film prend par moment des airs de film testamentaire. Les adieux d’un acteur, d’un réalisateur, mais surtout ceux d’une légende du cinéma.

La Mule : de quoi ça parle ? 

La Mule est un drame dans lequel nous suivons les tribulations de Earl Jones, nonagénaire révérend de la guerre de Corée, jouant le rôle de Mule pour le compte d’un cartel mexicain. Sa mission : transporter dans son pick-up des centaines de kilos de drogue de la frontière mexicaine jusqu’à Chicago. Si les premiers go-fast de Jones lui rapportent suffisamment pour vivre et faire plaisir à ses proches, ses talents de chauffeurs insoupçonnables attirent l’attention de la DEA, autorité chargée d’endiguer les trafics de drogue aux États-Unis.

Un film oscillant entre tension et force tranquille !

La Mule est un film inclassable dans le cinéma actuel. Si la bande-annonce du film promettait un thriller d’action avec go-fast et courses poursuites, le film, lui, préfère prendre son temps et dresse le portrait d’un nonagénaire à la force tranquille. La Mule narre également l’enquête de la DEA à travers le personnage de Bates et Trevino, deux agents interprétés par Bradley Cooper et Michael Peña, dont les scènes d’enquête, d’interrogatoire et de course-poursuite accélèrent la narration.

On peut cependant reprocher au film de traîner en longueur tant il n’arrive jamais réellement à trouver son rythme. Les scènes d’enquêtes vont certes vite, mais ne semblent n’avoir qu’une fonction narrative, là où les scènes où nous suivons Earl Jones se posent et prennent le temps de poser les dilemmes du personnage.

Un autoportrait de la part de Clint Eastwood ?

Difficile de ne pas voir en Earl Jones, une parabole de l’acteur-réalisateur Clint Eastwood. En effet, Earl Jones est à la fois adoré de son cartel et détesté de sa famille, au même titre qu’Eastwood est adulé par le monde du cinéma et inapte à construire une vraie vie de famille. Cependant, le film n’est pas un Mea Culpa adressé à ses enfants ou ses ex-femmes, mais plutôt un hommage. Son personnage de Earl Jones est d’ailleurs montré comme présent auprès de sa famille, mais aussi rejeté à cause de son égoïsme passé. Son personnage déclare même à un moment du film « Ça vaut ce que ça vaut, mais je suis désolé pour tout ce que j’ai fait », une réplique lourde de sens, d’autant que sa propre fille Alison Eastwood joue le rôle de sa fille dans La Mule.

La Mule est très clairement un film personnel pour Eastwood qui signe ici ses adieux au monde du cinéma. Si nous espérons revoir le grand Clint derrière la caméra, La Mule restera certainement son dernier film en tant qu’acteur. Et c’est en cela que je vous encourage à aller le voir. C’est un film divertissant, drôle, touchant et furieusement personnel pour l’une des plus grandes légendes du cinéma américain.

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Glass : film synthèse de l’œuvre de M. Night Shyamalan

M. Night Shyamalan est un réalisateur compliqué. À la fois adulé et détesté, tous les cinéphiles entretiennent des rapports tendus avec son cinéma. Celui que certains appelés le nouveau Steven…

M. Night Shyamalan est un réalisateur compliqué. À la fois adulé et détesté, tous les cinéphiles entretiennent des rapports tendus avec son cinéma. Celui que certains appelés le nouveau Steven Spielberg au début des années 2000 a en effet connu une sérieuse traversée du désert entre la fin des années 2000 et le début des années 2010 et c’est grâce à Split qu’il a fait son retour sous les projecteurs. Ce thriller psychologique mettait en scène James McAvoy en psychopathe aux multiples personnalités et sa fin suggérait un lien avec Incassable, autre film du réalisateur mettant en scène Bruce Willis dans le rôle d’un homme d’acier. Glass sort cette en ce début d’année et signe la clôture de cette saga cinématographique inattendue, aussi surprenante que son réalisateur.

Glass : de quoi ça parle ? 

Glass fait directement suite aux évènements de Split. Nous retrouvons Kevin Crumb (James McAvoy) échappé de son antre du zoo de Philadelphie et traqué par David Dunn (Bruce Willis), transformé depuis les évènements d’Incassable en justicier masqué. Assisté de son fils, David tente d’arrêter Kevin qui a une nouvelle fois kidnappé de jeunes lycéennes. Suite à un affrontement titanesque dont personne ne sort vainqueur, les deux personnages se retrouvent internés dans un établissement spécialisé où il retrouve Mr. Glass (Samuel L. Jackson), grand antagoniste d’Incassable. Cette réunion est-elle fortuite ou Mr. Glass cache-t-il des plans machiavéliques ? 

Une suite complexe et exigeante à Incassable et Split !

Si Glass se présente dès le début comme une suite de Split dans sa réalisation comme dans sa narration, sa parenté avec Incassable n’en reste pas moins présente. Le fait est que près de 20 années séparent les productions d’Incassable et de Glass et que la narration et la réalisation de Shyamalan ont beaucoup évolué entre temps.

Là où Split se voulait assez grand public, dans la pure tradition des films d’horreur-thriller produits par Blumhouse, Incassable était lui un drame à la réalisation très épurée voire naturaliste. Nous suivions le quotidien d’un Philadelphien dans la découverte de sa nature super-héroïque, un univers très éloigné de celui de Split où nous suivions le calvaire de jeunes filles confrontées à un monstrueux psychopathe.

Shyamalan arrive toutefois à mixer le meilleur de ces deux univers dans un seul et même film, livrant ainsi une conclusion complexe et exigeante à sa trilogie super-héroïque. 

Une déconstruction de la symbolique des comics dans notre société !

En faisant d’Incassable un film de super-héros réaliste, Shyamalan déconstruisait le mythe du super-héros américain en l’adaptant en drame à échelle humaine. Finis les conflits intergalactiques, faites place au justicier prolétaire qui apprend à dompter ses pouvoirs ! La thèse d’Incassable était alors que les comics et les mythes super-héroïques qu’ils véhiculent ne sont que des déformations d’une réalité : les supers existent parmi nous !

Le réalisateur poursuit son discours sur le médium des comics dans Glass avec le personnage du Dr. Ellie Staple (Sarah Paulson). Elle soutient l’idée que les super-héros sont un mythe et que les facultés de nos personnages ne sont que les résultantes de comportements psychotiques véhiculés par les comics. Un discours à charge qui n’est pas sans rappeler la croisade de notre Ségolène Royal nationale à l’encontre des mangas dans les années 1990. Shyamalan signerait-il là un plaidoyer contre les films de super-héros ? Rien n’est moins sûr quand on écoute le discours inverse de Mr. Glass et son adulation pour le médium. Toujours est-il que Glass sonne comme une parfaite psychanalyse de notre société à l’heure où les comic-book et leurs adaptations figurent parmi les produits culturels les plus diffusés au monde.

Où placer Glass dans la filmographie de M. Night Shyamalan ? 

Vient maintenant la grande question : Glass est-il plus proche d’Incassable et Split ou de La Jeune Fille de l’Eau et After Earth ? Car soyons honnêtes, Shyamalan n’a jamais brillé par sa constance au cinéma. S’il a impressionné à ses débuts avec trois chefs-d’œuvre consécutifs, il s’est assez vite pris les pieds dans le tapis jusqu’à tomber dans l’autoparodie. 

Pour ma part, je pense que Glass est à l’image de son réalisateur : inattendu. Shyamalan est connu pour son amour du twist et ses films ne ressemblent jamais à ce que l’on attend d’eux. Vous attendiez un film de super-héros en voyant Incassable ? Vous vous retrouvez face à un thriller psychologique. Vous cherchiez le grand frisson de l’invasion extra-terrestre dans Signes ? Vous avez le droit à un drame familial dans une ferme de Pennsylvanie. Shyamalan n’est jamais là où on l’attend, et Glass répond parfaitement à cette règle. Dans son dernier tiers, le film enchaîne twist sur twist et le spectateur peut se sentir frustré de ne pas savoir où le film veut en venir. Je pense pour ma part que c’est là toute la force du film : être surprenant.

Le fait est qu’en tant que spectateurs, nous ne sommes plus habitués à être surpris au cinéma. Les films accumulent aujourd’hui des dizaines de bandes annonces, de teasers et autres trailers. Les spectateurs savent quasiment toute l’intrigue d’un film en entrant dans la salle et rares sont ceux à faire l’effort d’éviter toute promotion avant de voir les films. Glass est donc un véritable ovni dans le paysage cinématographique actuel et je pense que c’est la sa plus grande force.

En clair, je vous recommande sincèrement le visionnage de Glass, dernier né de l’esprit tordu de M. Night Shyamalan, c’est une expérience vraiment enrichissante qui, à défaut de vous plaire par son fond et sa forme, vous apprendra au moins à apprécier d’être bousculé dans votre statut de spectateurs de film au cinéma.

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Aquaman : le DC Extended Universe sort enfin la tête de l’eau !

Alors que Marvel cartonne en 2018 avec des succès dantesques tels que Black Panther ou Avengers Infinity War, DC Comics et Warner peinent à trouver leur place au cinéma. En…

Alors que Marvel cartonne en 2018 avec des succès dantesques tels que Black Panther ou Avengers Infinity War, DC Comics et Warner peinent à trouver leur place au cinéma. En effet après une réception critique désastreuse de son blockbuster Justice League, celui que l’on appelle désormais le DC Extended Universe semble n’être qu’une tentative ratée de proposer un univers cinématographique commun aux héros de DC Comics. C’était sans compter l’arrivée de James Wan aux commandes de Aquaman, un film que personne n’attendait et qui aurait pu signer la fin des adaptations DC Comics au cinéma. 

Aquaman : où en est-on dans le projet DCEU ?

Pour cette critique de Aquaman, il me paraissait primordial de revenir sur quelques événements marquants du DCEU. En effet, Aquaman démarre juste après Justice League et la réunion des personnages de Superman, Wonder Woman, Batman, Flash, Aquaman et Cyborg. Après avoir combattu l’envahisseur Stepenwolff, nos héros se sont séparés et ont, semble-t-il, retrouvés une vie normale. Aquaman est ainsi redevenu ce personnage taciturne et solitaire, mais il est rattrapé par son passé et son statut d’héritier du trône d’Atlantis.

Comme vous pouvez le constater à la vue de ce synopsis, le film Aquaman prend largement ses distances avec le DCEU. Les évènements de Justice League ne sont évoqués qu’au détour d’une réplique et seuls les enjeux entourant le royaume des Atlantes et la famille d’Aquaman sont réellement mis en avant. On est très loin de Batman v Superman qui, rappelez-vous, perdait les spectateurs lorsqu’il essayait d’introduire maladroitement le concept d’univers partagé.

Comment retranscrire au cinéma un comics si méprisé ?

L’un des plus gros défis de James Wan pour ce film a été de mettre en scène le personnage d’Aquaman. En effet, il est bon de rappeler que pour une majeure partie du public, le principal pouvoir d’Aquaman est de parler aux poissons… On a vu mieux comme concept de départ.

Cette adaptation courrait donc le risque de tomber dans la parodie, voire pire : dans le discours méta. En effet si le film avait donné l’impression d’être conscient de lui-même et de l’irréalisme de son héros, cela aurait grandement nui à l’immersion des spectateurs.

Heureusement pour nous, James Wan est loin d’être un mauvais conteur et il a concocté un film mêlant habilement premier et second degré. 

Une réalisation et une narration soignées !

James Wan était d’ailleurs très impliqué dans cette adaptation d’Aquaman. Il est ici présent à la réalisation, mais aussi au scénario, en collaboration avec Geoff Johns, créateur de renom au sein de DC Comics.

Côté réalisation, James Wan retranscrit à merveille l’univers d’Aquaman et toute la majesté des planches du comics originel. Les comics Aquaman sont en effet connus pour leurs dessins grandiloquents et épiques, ici parfaitement retranscrits par des effets de ralentis et des plans larges magnifiant l’action, les combats et les décors entre terre et mer. La photographie est elle aussi très travaillée avec une alternance de tons chauds et de tons froids retranscrivant la dualité du personnage d’Aquaman, fils d’un homme et roi des Atlantes.

La musique composée par Rupert Gregson-Williams est très efficace, dans la droite lignée de la bande originale qu’il avait composée pour Wonder Woman. Certes parfois grandiloquente, elle traduit parfaitement l’aspect iconique du personnage et des lieux qu’il traverse en mélangeant instruments classiques, symbolisant le héros terrestre, et sonorités rétro futuristes, symbolisant son affiliation au royaume sous-marin.

Aquaman est donc une adaptation réussie du personnage en plus d’être un film d’aventure très efficace. La réalisation est parfaitement soignée et digne du travail passé de James Wan. On peut féliciter les scénaristes de ne pas être tombé dans la facilité du discours méta, très commun dans les films de l’écurie Marvel et quelque peu épuisant à la longue. Aquaman trône désormais sur mon podium des meilleurs films du DCEU, juste après Wonder Woman et Batman v Superman. Attendons de voir si Warner donnera suite à ce film, rien n’est moins sûr même s’il redonne ces lettres de noblesses aux films de super-héros DC Comics au cinéma !

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Astérix Le Secret de la potion magique : Astierix est là !

En 2014 sortait un film événement, la toute dernière adaptation de la bande dessinée Astérix au cinéma. Cette fois-ci pas de film-live, mais un film d’animation en 3D avec Louis…

En 2014 sortait un film événement, la toute dernière adaptation de la bande dessinée Astérix au cinéma. Cette fois-ci pas de film-live, mais un film d’animation en 3D avec Louis Clichy à la réalisation et Alexandre Astier au scénario. Cette adaptation de Astérix et le Domaine des Dieux avait su séduire par son esthétique novatrice et son scénario bien mené où la trame de Goscinny laissait place aux dialogues percutants d’Astier. Le duo de réalisateurs est de retour cette année avec Astérix – Le secret de la potion magique. Alors est-ce que la recette fait toujours mouche ? Verdict dans cette critique.

Astérix – Le Secret de la potion magique : ça raconte quoi ?

Le village des irréductibles Gaulois va mal : Panoramix s’est brisé la jambe. Pour la première fois de son histoire, le village gaulois risque la pénurie de potion magique. À moins que Panoramix, accompagné d’Astérix et Obélix n’arrive à trouver son digne successeur. Notre trio de Gaulois s’engage donc dans un tour de la Gaule à la rencontre de tous les druides de villages. Mais gare à Sulfurix, le rival éternel de Panoramix qui compte bien récupérer le secret de la potion magique.

Vous l’aurez compris, ce Secret de la potion magique est un scénario original écrit par Alexandre Astier lui-même. Bien que nous retrouvions quelques références à des albums classiques écrits par Goscinny (Le Devin et le Tour de Gaulle pour ne citer qu’eux), cette toute nouvelle aventure se suit sans déplaisir et nous replonge sans problème dans l’univers d’Astérix le Gaulois.

Une réalisation aux petits oignons !

L’une des plus grandes forces d’Astérix et le Domaine des Dieux avait été sa réalisation. Il faut dire qu’avec Louis Clichy aux manettes, ancien animateur chez Pixar sur les films Là-Haut et Wall-E, on pouvait s’attendre à un travail de qualité, mais ça va plus loin que ça. En effet, je trouve, à mon humble avis, que le travail de Louis Clichy sur l’animation du monde Astérix parfait. D’un côté, il a réussi à rendre justice au trait si particulier de Uderzo avec ses personnages disproportionnés et ses décors très détaillés. Mais en plus, Louis Clichy amène avec lui une fluidité dans l’animation, un souci du détail qui lui est propre et qui fait que chaque personnage dans le champ semble doué de pensée. Ce ne sont pas des amas de pixels animés que nous avons sous les yeux, mais de vrais personnages doués d’une personnalité propre et qui transpire au travers du travail d’animation. Pour Astérix et le Secret de la potion magique, c’est la même chose, mais en mieux. Le réalisateur s’autorise des mouvements de caméra bien plus technique, et cela dès les premières secondes. Le ton est donné : Le Secret de la potion magique est un film plus ambitieux dans sa réalisation.

Un scénario surprenant et respectueux du matériel d’origine

Mais il n’y a pas que la réalisation qui est ambitieuse dans ce nouveau d’animation Astérix, il y a aussi un scénario original. Chose qui n’était pas arrivée depuis Astérix et Obélix contre César, sorti en 1999. Une fois encore, c’est donc Alexandre Astier qui est derrière le texte… Et quel texte ! Le scénario et surtout les dialogues sont pétris de références et de jeux de mots qui rappellent les grandes heures de René Goscinny. Et c’est là toute l’ADN d’Astérix : captiver les plus jeunes avec une aventure palpitante et des scènes d’actions comiques et faire rire les adultes avec des jeux de mots et des références à la pelle. Astier ne fait d’ailleurs pas l’erreur de faire des références susceptibles de mal vieillir comme Chabat a pu le faire avec son Itinéris dans Mission Cléopâtre. À la place, Alexandre Astier parie sur l’intelligence des spectateurs pour trouver les références sans jamais les appuyer.

Le secret d’une bonne adaptation ?

Alors au final, que penser de ce Secret de la potion magique ? Est-ce une bonne adaptation de l’œuvre d’Astérix ? Non parce qu’entre nous, c’est tout ce qui compte, pas vrai ? Astérix, c’est d’ailleurs un peu notre super-héros made in France. Si le monde entier s’insurge contre les adaptations de Batman sur grand écran, pourquoi n’aurions-nous pas le droit de critiquer les adaptations cinématographiques de nos héros de bande dessinée ?

Si de mon côté j’ai beaucoup de choses à dire sur les adaptations live-action des aventures d’Astérix au cinéma, je suis bien plus élogieux sur les deux derniers films d’animation sortis ces dernières années. Mieux que ça, je trouve Le Secret de la potion magique bien plus abouti que le dernier. En effet, je pense que Louis Clichy, comme Alexandre Astier, ont dû s’autobrider inconsciemment lors de leur premier film. Ici, on sent plus de folie, quelque chose de neuf qui caractérise l’œuvre originale de Gosciny et Uderzo. Que ce soit dans les dialogues bien plus percutants ou dans la réalisation très cartoonesque comme peut l’être le trait d’Uderzo,  tout le film sonne juste et on tient certainement là, l’une des meilleures adaptations d’Astérix au cinéma. Personnellement je vous laisse faire votre classement, mais je classe facilement ce dernier film deuxième, au coude à coude avec Mission Cléopâtre !

Je vous recommande donc grandement le visionnage de ce dernier film Astérix, un petit bijou de drôlerie qui vous fera passer un superbe moment au cinéma. La réalisation est dingue, le scénario et les dialogues sont adaptés à toute la famille et le casting vocal est aux petits oignons. Mention spéciale pour Christian Clavier qui reprend le rôle d’Astérix en animation après Roger Carrel et qui s’en sort admirablement !

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Bohemian Rhapsody : le biopic de Queen mérite-t-il autant d’éloges ?

Bohemian Rhapsody est un bon film. Cela peut paraître gros de commencer cette critique de Bohemian Rhapsody, car ce constat en forme de conclusion, mais c’est pourtant vrai : Bohemian Rhapsody…

Bohemian Rhapsody est un bon film. Cela peut paraître gros de commencer cette critique de Bohemian Rhapsody, car ce constat en forme de conclusion, mais c’est pourtant vrai : Bohemian Rhapsody est un bon film. Seulement voilà, il n’y a qu’à faire un tour sur les réseaux sociaux et les sites spécialisés pour se rendre compte que cette perception du film n’est pas unanime. Certes, à l’heure où j’écris ces quelques lignes, le film culmine à 4,7/5 sur Allociné (ce qui en fait le film le mieux noté de la plateforme), mais certains irréductibles s’insurgent contre cette réception dithyrambique. Rassurez-vous, je n’en ferai pas partie. Non, dans cette critique de Bohemian Rhapsody, j’avais envie de souligner la réussite de ce film, mais également de m’interroger sur la réception critique de celui-ci et ce qu’elle peut avoir de négatif sur l’expérience des spectateurs en salle. Vous êtes prêts ? Je vous dis tout !

Bohemian Rhapsody : de quoi ça parle ?

Pour bien démarrer cette critique de Bohemian Rhapsody, il fallait bien commencer par son pitch. Le film raconte donc l’histoire du groupe Queen, de sa création jusqu’à son apogée lors du concert du Live Aid le 13 juillet 1985. Toute l’histoire est suivie du point de vue de Freddie Mercury, interprété par Rami Malek, alors simple fils d’immigrés Parsis, qui se découvre au fil des années à la fois leader de groupe, artiste de génie et star adulée de la planète entière. Le film retrace ainsi pendant près de 2h30 la naissance du groupe, la vie de Freddie Mercury, ainsi que la création des plus grands tubes du groupe au rang desquels figurent des chefs-d’œuvre tels que Another One Bites The Dust, We Will Rock You ou encore celui qui donne son nom au film Bohemian Rhapsody.

Des problèmes de vision et de production !

Ce qu’il y a d’intéressant dans ce biopic, c’est qu’il suscitait beaucoup d’attente, et ce, dès les balbutiements du projet. En effet, avec Bryan Singer à la réalisation, réalisateur homosexuel revendiqué, on pouvait s’attendre à un film très axé sur Freddie Mercury, l’icône gay, plutôt que sur le groupe lui-même. Or, le film est également coproduit par Brian May et Roger Taylor, les deux derniers membres du groupe qui, dès les prémices du projet en 2010, souhaitaient construire le film autour de Queen, plutôt qu’autour du personnage de Freddie Mercury. Conflit de production, problèmes de réalisation ou accusation de harcèlement post #MeToo, personne ne le sait, mais Bryan Singer n’a pas pu finir la réalisation de son film. Certes, il reviendra pour le montage, mais c’est bien Dexter Fletcher qui finira le tournage amputant le film de quelques scènes clés prévues à la base par Bryan Singer. 

Un très grand film porté par une narration et un casting de qualité

Avec autant de problèmes de production, que reste-t-il de Bohemian Rhapsody ? Et bien beaucoup de choses. Et surtout du bon ! En effet, Bohemian Rhapsody est un très bon biopic sur l’histoire de Queen. Mais qu’est-ce qu’un bon biopic me direz-vous ? Et bien pour moi, un bon biopic, c’est un film qui arrive à intéresser le spectateur à un récit qui ne lui est a priori pas familier. Et de ce point de vue, Bohemian Rhapsody réussi tout ce qu’il entreprend.

Il nous présente des personnages très attachants ayant chacun leur force et leur faiblesse, mais c’est bien au travers de Freddie Mercury et de son parcours que le film excelle. On y suit l’évolution de l’artiste, véritable génie de la pop culture années 1970, qui passe le film à essayer de faire oublier Farrokh Bulsara pour faire émerger sa nouvelle identité : Freddie Mercury.  Si le film ne s’attarde pas tant sur la sexualité débridée de Freddie Mercury, ou sur la question encore plus épineuse de sa contraction du SIDA (bien qu’il l’évoque à de nombreuses reprises), c’est pour mieux rebondir sur la vie du groupe Queen, de sa construction, aux rapports qu’entretient Freddie Mercury avec chacun des membres, tout en passant sur l’alchimie qui lie ces hommes, auteurs des plus grands tubes des années 1970/1980.

Bohemian Rhaposody est-il exempt de défaut ?

Je dois vous faire un aveu : j’aime Queen. Genre beaucoup ! Cela fausse-t-il la réception que j’ai du film ? Peut-être. Cela m’empêche-t-il de voir les défauts que l’on peut lui reprocher ? Certainement pas. 

Car oui, le film n’est pas exempt de défaut. Ainsi, j’ai eu peine à croire que l’histoire de Queen n’ait pas été plus émaillée de clash ou de moments de doute. Certes le film en montre, mais globalement l’histoire du groupe semble se dérouler sur des rails, comme si tout avait été simple et que seul Freddie Mercury endossait le rôle du dépravé de la bande. Et là encore, la dépravation n’est que suggérée. Comme je l’ai dit plus tôt, avec Bryan Singer à la réalisation, on pouvait s’attendre à un biopic un peu plus sulfureux sur la vie sexuelle de Freddie Mercury. Cependant, ce n’est pas le cas. Cet aspect n’est que suggéré et son rôle d’icône gay à l’ère des ravages du SIDA n’est qu’à peine esquissé.

Un cas typique de la pop culture à l’ère d’internet !

Le véritable problème avec la réception du film Queen ne vient pas du film en lui-même, mais plutôt des spectateurs. En effet, avec autant d’attentes entourant le projet de ce biopic, et la promotion affolante qui a entouré la sortie du film, chaque spectateur a pu se faire une idée de ce qu’allait être le film avant d’aller le voir. C’est un problème assez récurant à l’ère d’internet et des réseaux sociaux. L’actualité de ces films fait les gros titres et les médias ne cessent de faire monter la sauce dans l’espoir d’agréger de l’audience.

Dans le cas de Bohemian Rhapsody, il se peut même que ce soit la 20th Century Fox elle-même qui soit à l’origine de ce trop-plein de promotion altérant ainsi le jugement du film par le grand public.

Alors certes, le film est bon, mais mérite-t-il son 4,7/5 sur Allociné ? Est-il meilleur que Le Parrain ou La Liste de Schindler ? Ce sont les questions que se pose Internet. Mais je pense que ce sont de mauvaises questions.

Prenons l’exemple d’Avengers Infinity War sorti en mai dernier. Le film a lui aussi beaucoup fait parler de lui sur les réseaux sociaux et dans les médias. Engrangeant une audience considérable en salle et des critiques elles-mêmes dithyrambiques sur les sites spécialisés.  Nous sommes à l’ère des réseaux sociaux, et il devient urgent de s’interroger sur le rapport qui nous unit aux films que nous regardons. Les films que nous voyons sont-ils bons ou sont-ils marketés pour nous paraître bons ? Sommes-nous encore à même de fournir un jugement objectif de ce qu’est un bon film ? 

Pour ma part, je considère Bohemian Rhapsody comme très bon. Cela ne m’empêche pas de lui trouver des défauts et d’avoir conscience de son aspect « film pensé pour le public », mais toujours est-il qu’il fonctionne sur moi. J’ai ressenti des émotions, j’ai vibré avec les personnages, j’ai ri avec eux et j’ai été transporté par l’histoire. Je vous conseille donc vraiment le visionnage de ce film et je vous remercie pour votre lecture de ma critique de Bohemian Rhapsody. À très vite !

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